‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 191 sur 387 · NOTION INCOMPLETE DES SACRIFICES JUIFS · texte numérisé non relu

NOTION INCOMPLETE DES SACRIFICES JUIFS

fonçaient'. Justin se cont' nte d'affirmer le triomphe de Jésus sur Sntan, l'idée d'une rançon payée à notre tyran lui est encore étrangère ; il ne parle pas davantage d'une rançon réclamée par Dieu. S'il insiste sur les souffrances du Rédempteur, s'il y voit selon sa belle expression le trait caractéristique du Christ, elle n'est point à ses yeux une immolation pour le péché, une expiation proprement dite. La manière dont il interprète le sacrifice juif dans lequel il ne \oit qu'un châtiment de l'idolâtrie du peuple élu, montre qu'il n'a pas compris le profond besoin de réparation qui tourmente la conscience humaine et dont le rituel lévitique était l'expression sublime, tout en annonçant sous un voile transparent la grande expiation du Calvaire. « Les sacrifices, dit-il, ont eu lieu à cause des péchés du peuple et de son idolâtrie, sans qu'on puisse invoquer en leur faveur aucune nécessité ^. » C'est l'adoration du veau d'or qui a amené la distinction entre les animaux purs et impurs. Tout est donc accidentel, extérieur, dans ces institutions fondamentales du mosaïsme qui n'avaient cependant de portée qu'en tant qu'elles développaient le besoin de la réparation et de l'expiation. S'il fait exception pour l'agneau pascal, il ne le considère pas cependant comme une victime au sens propre du mot, mais comme la figure du Christ libérateur dont le sang nous sauve, parce qu'il a coulé dans sa lutte victorieuse contre les démons ^. 11 ne le compare au bouc Azazel, que parce qu'il a été chargé de l'exécration du peuple

1 Dial. cum Tryph., c. 86. — ^ /./., c. 22. — 3 /J., c. 40.

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