‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 208 sur 387 · THÉODICÉE DE CLÉMENT · texte numérisé non relu

THÉODICÉE DE CLÉMENT

ligieuse fondée sur la foi, sur la préparation évangélique au travers des ténèbres du paganisme. Nous n'ayons pas à revenir sur ces développements. Ils ont déjà mis en lumière le grand mérite et aussi le plus grave défaut de la théologie alexandrine. On ne saurait trop la louer d'avoir triomphé absolument du dualisme, en insistant sur l'accord essentiel qui existe entre l'humain et le divin, et d'une manière plus générale, entre la nature et Dieu. Mais on est en droit de lui reprocher l'exagération de l'élément intellectuel dans la conception de la religion, et un souvenir trop fidèle du platonisme. Nous retrouverons ce double caractère dans l'ensemble du système élaboré par ces illustres et généreux penseurs.

§ 1, — La théodicée de Clément d'Alexandrie.

L'idée de Dieu chez Clément semble au premier abord plus abstraite encore que chez Justin. A n'en juger que par certains passages de ses écrits, on croirait qu'il s'en tient à l'idéalisme absolu des néo-platoniciens, à une notion purement négative. Il veut que le gnostique chrétien qui aspire à la vraie connaissance, n'imite pas les hommes ordinaires, que l'on voit s'envelopper de la matière, comme l'escargot de sa coquille, ou bien se rouler sur leurs passions charnelles comme le hérisson sur ses pointes '. Qu'ils se dégagent de toutes les idées inférieures; qu'ils ne voient que des images dans les

» Clément d'Alex., Opéra. Edit. de Leipzig (Schwikert, 1832). Slromates, liv. V, c. 11. § 69.

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