‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 231 sur 387 · UNITÉ DE LA MORALE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

UNITÉ DE LA MORALE CHRETIENNE

Toute la morale chrétienne procède de Timitation de Dieu, qui nous est rendue possible par le secours du Verbe. Elle a pour premier devoir la piété proprement dite qui est l'union mystique avec Dieu, la contemplation. Elle nous enseigne ensuite à le glorifier par une activité bien ordonnée dans les diverses sphères de la vie. Le chrétieii parfait ou le giiostique a commerce avec Dieu par le grand sacrificateur et il se rend semblable autant que possible au Seigneur, par sa piété qui le pousse à travailler au salut des hommes '.

Les détails nombreux dans lesquels entre Clément sur le mode de vivre du chrétien n'ont aucun rapport avec un ritualisme minutieux. Ce sont les applications multiples d'un môme principe qui conserve son inflexible unité. Il n'admet pas deux morales , une pour la vie ordinaire et une autre de perfection. « La morale du Christ, dit-il avec infiniment d'esprit, ne chante pas au-dessus du ton ^. » Elle ne demande que ce qui est strictement exigible à tous ceux qui consentent à porter son joug. Le conseil évangélique est ainsi formellement exclu. Il ne fa ,t pas non plus avoir une morale pour l'Eglise et une autre morale pour le monde, — le mal pas plus que le bien ne perd son caractère en changeant de milieu. L'âme ne doit pas ressembler au polype qui se teint des couleurs des pierres auxquels il est attaché '. Les simples et les ignorants dans l'Eglise ne sont pas tenus à une sainteté moins rigoureuse que ceux

1 Stiom., VII, 3, 13.

* O'JX w; u7:-;pTCVov. (/'/., 11,20, 123.

s Paedag., III, U, 80.

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