‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 262 sur 387 · S2 LE LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

S2 LE LIBRE ARBITRE

table chapitre IX de l'épître aux Romains, Origcne n'a pas de peine à montrer que l'argile humaine n'a pas été passive aux mains de celui qui la façonne , puisque le même apôtre déclare que « si quelqu'un se préserve du mal, il sera un vaisseau d'honneur dans la maison de Dieu *. » Il trouve d'ailleurs un moyen commode d'échapper à toutes les difficultés par sa doctrine de la préexistence des âmes.

Le libre arbitre est donc la condition de toutes les créatures morales. Elles sont appelées à participer à la vie divine par le Verbe. Leur nombre est déterminé, mais c'est à elles qu'il appartient de régler leur propre destinée. Selon le choix qu'elles feront, elles seront une vraie race de dieux ou bien elles tomberont sous l'empire du mal. Elles doivent par un acte moral atteindre leur fin qui est en Dieu même. Elles ne sont pas d'ailleurs livrées à leurs seules forces. Elles reçoivent une divine assistance ; la grâce fortifie la volonté de la créature -, et l'Esprit-Saint s'unit à la liberté, proportionnant SCS dons à l'accueil que reçoivent ses appels.

Cette théorie de la liberté est demeurée incomplète sur un point capital. Origène n'a pas dépassé la notion du libre arbitre. Il n'admet que cette phase de la liberté où la volonté est appelée à faire son choix. Il n'a pas reconnu cette seconde période de la vie morale où le choix étant fait, le bien est conquis et la liberté trouve sa consommation daus le développement normal de

1 De Princip., \\\, 20.

2 « Domini semper auxilio indigemus. » [Select, in Psalm., c. II, '♦, î, vol. Il, 672.)

Page 1