‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 263 sur 387 · NOTION INCOMPLÈTE DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

NOTION INCOMPLÈTE DE LA LIBERTÉ

l'être. En d'autrestermes, ilu'a admis que laliberté négative, celle de la lutte et de l'épreuve, et non la liberté positive qui consiste dans la réalisation de notre destinée morale. L'une et l'autre importent également. Sans le libre arbitre le bien n'est plus qu'une nécessité naturelle, l'âme le produit comme le sol produit l'herbe ou le blé; il perd tout caractère moral. Tl faut donc à tout prix que la liberté passe par la période d'épreuve et qu'elle soit mise en demeure de se prononcer. D'un autre côté cette période doit avoir son terme et l'épreuve aboutir à un résultat : quand la volonté a fait le bon choix, le bien n'est plus un simple acte toujours révocable mais un état de l'âme définitivement conquis. Origène était sur la voie de la vraie solution quand il établissait que Dieu possède le bien par essence sans pouvoir jamais le perdre. Comme il ne pouvait admettre que Dieu ne fut pas souverainement libre, il était amené à concevoir une forme supérieure de la liberté qui n'était pas uniquement le libre arbitre. En creusant cette pensée, il aurait compris que le libre choix est la condition première de la liberté pour l'être créé. Celui-ci en effet ne se pose pas lui-même comme l'absolu , il doit accepter sans contrainte la loi de son être et réaliser ainsi sa destinée morale. Le libre choix n'est que la préparation de la liberté essentielle, laquelle consiste précisément dans cette acceptation de la loi divine et le développement paisible et continu de la vraie nature humaine consommée en Dieu. Cette lacune a eu pour résultat de faire de l'histoire religieuse dans le système d'Origène, un drame sans dénoûment qui recommence

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