‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 264 sur 387 · UNITÉ PRIMITIVE DE LA NATURE SPIRITUELLE · texte numérisé non relu

UNITÉ PRIMITIVE DE LA NATURE SPIRITUELLE

sans cesse et tourne sur lui-même en quelque sorte. La pensée se fatigue à voir s'agiter ce tourbillon éternel sans trêve et sans repos.

Nous avons vu que tous les êtres spirituels sont semblables les uns aux autres, en sortant des mains de Dieu. C'est la conséquence forcée du système, puisque la différence entre eux ne saurait naître que des diversités de leurs déterminations morales. Il n'existe donc au point de départ qu'une seule nature spirituelle faite à l'image de Dieu, sans participer à son essence absolue. Elle est appelée à marquer elle-même sa place dans l'échelle des êtres. Dieu a créé en même temps la matière qui n'est point cette corporalité lourde et épaisse que nous connaissons, mais qui est subtile, mobile, malléable , capable de se plier à toutes les formes. « La nature corporelle se prête aux mutations les plus diverses et peut se transformer dans tous les modes, c'est ainsi que Ton voit le bois devenir feu , le feu se changer en fumée et la fumée en air * . » La matière a été créée de Dieu pour mouler au dehors la diversité des déterminations morales, en prêtant une enveloppe plus ou moins étliérée ou grossière aux esprits, selon qu'ils auront pris parti pour le bien ou pour le mal.

Il y a toute une histoire morale avant ce que nous appelons la création du monde et celle-ci n'est que le résultat de ce qui s'est passé avant que brillât notre

1 « Ex rébus ipsis apparet quod diversam Yariamque permutalionem recipiat natura corporea, ita ut possit ex omnibus in omnia transformari. » (De Princip., II, i, 4.)

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