‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 266 sur 387 · LA CORPORALITÉ GRADUÉE D'APRÈS LES ACTES MORAUX · texte numérisé non relu

LA CORPORALITÉ GRADUÉE D'APRÈS LES ACTES MORAUX

l'être absolu, et le péché est une diminution, un affaiblissement de l'être, un acheminement vers la mort, un non-être \ Pécher c'est mourir, car c'est se séparer de Dieu et la mort n'est pas autre chose que la séparation de la \ie.

L'ébranlement causé par la révolte de Satan s'est communiqué à tous les esprits, mais à des degrés trèsdivers ; car chacun ne répond que de lui-même et ne subit que les influences qu'il lui plaît d'accepter. La première conséquence de la révolte des esprits a été la corporalité. En effet, en se séparant de Dieu, ils sortent de leur centre d'unité, ils tombent dans la particularité et le fractionnement, dans le domaine de la matière qui multiplie ses formes et les assouplit à l'infini pour exprimer toute la diversité des déterminations morales. Ainsi se dresse dans l'espace l'échelle immense des êtres, chaque échelon correspondant exactement au degré de déviation de la créature morale.

Sans nous arrêter à la cosmologie fantastique qu'Origène emprunte aux rêves platoniciens, retenons sa pensée dominante d'une hiérarchie dont la gradation répond exactement aux faits de liberté accomplis par les purs esprits avant l'existence de notre univers. Cette hiérarchie n'est pas immobile, les âmes en montent et descendent les degrés selon leurs mérites ou démérites, changeant sans cesse de formes dans l'incessante mutation de leurs dispositions morales qui s'épurent

licta ad terras miprravit de cœlo. Superbia peccatis omnibus major est. » [Homil. in Ezechiel, IX, 2, vol. III, 389.) 1 Tb T.zrCfZVi y-al y.a'/.bv oùv, bv. [In Joann., t. II, 7, vol. IV, 65.)

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