SA NOTION ABSTRAITE DE DIEU
d'Irénée. Il unissait une culture philosophique très-étendue à des préoccupations de polémiste ardent. Il est pourtant bien inférieur comme tJiéologien à l'évoque de Lyon. Il n'a pas pris les graves problèmes qui se rattachent à la personne du Christ au point où les avait laissés son devancier; il s'est plutôt rattaché à la spéculation orientale qu'à l'école de Lyon, qui avait su mieux qu'aucune autre dissiper les nuages d'une métaphysique abstraite, et mettre en lumière Tharmonie de Ihumain et du divin en Jésus. Hippolyte est surtout orateur. Son exposition prend toujours les formes un peu amples de l'homélie; il se plaît aux tours directs; il y réussit admirablement, mais un peu au détriment de la précision de la pensée. Sur un point, il éclipse entièrement Irénée; sa conception de l'Eglise est empreinte du noble libéralisme du premier âge de l'Eglise ; il a tout fait pour arrêter le mouvement fatal qui la ramenait au sacerdoce juif et l'inclinait au régime théocratique.
Hippolyte a une idée de Dieu aussi abstraite que celle de Justin et d'Athénagore. Il voit en lui bien plutôt la raison éternelle que l'éternel amour. « Dieu, ditil, est tout d'abord un et seul ; il a produit tous les êtres et les domine : aucun être ne remonte aussi haut que lui^ Tout était en lui et il était tout ^ » Hippolyte, partant de cette notion presque néo-platonicienne de la Divinité , manque de base solide pour fonder la
1 Gcb; dq 0 ■irpwTo; y.a\ [xovo; v-aî âr.h-hi') zo'.yityjç xai y.up'.o»;, (juv/pwvov £c/ev c'jsév. [Phil., X, 32. j » Ilav-a xaî f,v èv aj-ïw y.a' r,v xb 7:av. [Contra Noet., 10.)