LE VERBE N'EST PAS ÉTERNEL GOMME LE PÈRE
préexistence du Verbe. Le Fils n'est pas nécessaire à la plénitude de la vie divine, comme dans les systèmes où l'amour divin réclame en dehors du monde un objet éternel. Le Verbe ne se confond pas avec le monde, puisqu'il existe avant lui , et procède non du néant mais du Père lui-même, dont il est l'expression parfaite, la parole vivante ; mais il ne possède pas l'existence distincte de toute éternité. Il est d'abord la pensée créatrice, puis il devient l'organe, l'agent souverain de la volonté divine pour appeler les êtres contingents à la vie. A ce titre, il est une personne, et non simplement une idée, comme dans tous les remaniements du platonisme. Le Dieu qui était seul a voulu créer le monde. Tl l'a pensé ^ Par cette pensée, il a engendré le Verbe, non pas comme une simple parole ou un son, mais comme la pensée intérieure de l'univers ^. Le Verbe seul a été le produit de l'Etre, car le Père était l'Etre; il en est issu pour produire toute existence. Il possédait en lui toutes les idées divines. Aussi a-t-il pu, quand le Père a commandé que le monde soit créé, produire chaque être selon le bon plaisir de Dieu ^ Le Verbe participe à l'impassibilité, à l'immobilité absolue du Père, qui joue dans la théologie d'Hippolyte le rôle de premier moteur dans la doctrine d'Aristote. La vie divine ne saurait se limiter ; elle est toujours identique
1 '0 y-ocjACV èvvo'r)6etç. {Contra Noet., 10.)
2 AéYOVxpwTov èvvo-^ôelç aTuoYSvva, où X6yov, w; çovy)v, àW hâiaôSTOv TOÎJ TïavToç XoYtc;.;iv. [Phil., X, 33.)
'^ E^et èv éauxw xàç h t(o 7:aTpl Tîpoevvor^Oet'aa? lâéaç, SGsv xe- Xeuovtoç TTXTpb; -([vzQ^)ct.\. y.QQ\i.O') To xaià â'v Aoyoç àr.^riXtho àpéax.(DV 0£û. [id., X, 33.)