‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 67 sur 387 · LES RITES DU MANICHÉISME. \(H · texte numérisé non relu

LES RITES DU MANICHÉISME. \(H

travail manuel propre à féconder et embellir un monde maudit, et enfin le signe du sein, — signaculum sinus, — était un vœu perpétuel de chasteté.

Les Manichéens voyaient dans le baptême une purification des souillures de la naissance matérielle ; il n'était cependant usité que par exception parmi eux*. Ils vouaient le dimanche au jeûne. Leur grande fête était l'anniversaire de la mort de Manès; ils la célébraient par une sorte de Pâcpje mystique. Un siège magnifique , couvert de tissus précieux , était dressé au milieu de l'édifice où ils se rassemblaient; il rappelait l'enseignement du maître, la doctrine de délivrance qu'il avait prêchée -. Les Manichéens n'avaient pas de temples proprement dits, la prière et le chant des hymnes jouaient un grand rôle dans leur culte. Les cantiques d'après les fragments conservés consistaient surtout en descriptions brillantes du séjour de la lumière et de ses habitants, les fils du soleiP.

Tel est ce système, qui a exercé une influence bien plus considérable que ne le comportait sa valeur dialectique ou religieuse. 11 nous présente, avec une certaine clarté qui dut contribuer à son succès, le résidu de toutes les erreurs spéculatives qui dès le début avaient essayé de transformer le christianisme \ Ou voit que son triomphe eût abouti à une pure et simple restaura-

' Néander, Kirc/i. Gesch. \, p. 568, 569.

* August., Contra epist. fondament., c. 8.

' Voir Basnages, ouvr. cité, t. Il, p. 701 à 728,

* Notre exposition du système manichéen suffit pour écarter l'hypothèse qui fait le fond du livre que Baur lui a consacré, et d'après laquelle Manès n'aurait nullement songé à rattacher sa doctrine au christianisme.

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