IEN DU MONTANISME AVEC LE JUDAÏSME
se résume dans ces grandes paroles : « Ce que nous serons n'a pas été manifesté ; mais nous lui serons faits semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est '. •« Enfin, pour ceux qui ne prennent pas leur parti du mal et de ses souillures, l'ascétisme semble faciliter singulièrement la lutte morale; car en assimilant l'élément corporel au péché, il leur donne l'espoir de le terrasser. Légalisme, rêveries apocalyptiques, ascétisme, c'est bien le fond du judéo-christianisme qui a reparu si souvent dans l'Eglise sous des noms divers, mais jamais avec plus de puissance que dans le montanisme. Il a exercé une influence considérable sur l'orthodoxie ofiBcielle; les condamnations qui l'ont frappé ne lont pas empêché de laisser dans l'Eglise un levain caché dont l'action est facile à reconnaître.
Le montanisme s'est nettement séparé du judéo-christianisme primitif, en admettant sans restriction la supériorité de l'Evangile sur toutes les institutions religieuses qui l'avaient précédé; il s'est même montré animé d'un esprit plus libéral que l'Eglise sur un point capital ; il a réagi avec énergie contre les idées sacerdotales qui faisaient iavasion de toutes parts. D ne s'agit donc ici que d'une tendance, et non d'une filiation judaïque; mais cette tendance, sous les réserves indiquées, est bien une marche rétrograde, une déviation en dehors des voies de la spiritualité chrétienne, bien que le montanisme se donne comme la plus haute manifestation de l'esprit nouveau. La manière dont il favorise et formule le légalisme, ses rêveries apocalyptiques, son ascétisme
1 1 Jean lli, 2.