‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 89 sur 387 · SON OPPOSITION ABSOLUE AU GNOSTICISME · texte numérisé non relu

SON OPPOSITION ABSOLUE AU GNOSTICISME

à outrance, tout en lui est judaïque d'inspiration, sinon d'origine et de tradition.

Placé au pôle opposé du gnosticisme, il lui a fait la plus rude guerre, et cependant il n'a pas trouvé grâce devant l'Eglise qui l'a rejeté de son seiu, bien qu'elle lui ait dû le plus brillant et le plus éloquent de ses apologistes. Cette exclusion a précédé les grands conciles, et l'union de l'Eglise à l'empire; elle a été le verdict spontané de la conscience chrétienne, singulièrement tempéré en ce qui concerne Tertullien , qui est resté pour tous un maître vénéré, malgré ses emportements et ses exagérations. Il est juste de reconnaître que le montanisme était plus qu'une simple dissidence ; il n'était pas compatible avec une Eglise qui voulait durer et s'organiser ; il ouvrait la porte à tous les rêves, à toutes les fantaisies de l'imagination, et enlevait sa base à l'association religieuse. L'exposition de sa doctrine prouvera que, quand même il demeurait d'accord avec l'Eglise sur les points fondamentaux de la doctrine , il se laissait entraîner à des exagérations si violentes qu'il ne pouvait s'enfermer dans aucun des cadres existants. Cependant, on ne saurait le traiter d'hérésie au même titre que le gnosticisme, car il maintient la substance de la foi. « LesCataphr}giensou Montanistes, ditEpiplatme, acceptent toute l'Ecriture sainte, l'Ancien et le Nouveau Testament, et confessent également la résurrection des morts ; ils pensent comme la sainte Eglise catholique sur le Père, le Fils et le Saint-Esprit '. » Tertullien a

< Epiphane, Hxres., 48.

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