LES PHARISIENS
qui rappelaient le plus Tesdavage de la vie corporelle. Us célébraient le sabbat et les fêtes comme lés thérapeutes, sans offrir de sacrifices. Le culte consistait dans la lecture des livres sacrés et la célébration de rites symboliques * .
Les initiations à la secte étaient accompagnées de cérémonies solennelles et précédées d'un noviciat se* Tère. A tous ces traits, il est impossible de méconnaître, malgré des assertions contraires, les signes caractéristiques du dualisme oriental^. Par sa nature même^ Tessénisme n'avait aucun contact avec le judaïsme ofSciel; il ne connaissait point Fambition du pouvoir et ne le disputait à personne. Yivant au désert ou dans Tombre, il n'inspirait aucune inquiétude, et se tenait en dehors de toute lutte et de toute intrigue.
Il n'en était pas de même des deux grands partis qui se disputaient la prééminence à Jérusalem, Les pharisiens, ouïes séparés^, se donnaient comme les Juifs par excellence, les défenseurs de Tancienne constitution ; ils repoussaient toute concession à l'étranger; c'étaient des patriotes exaltés, ennemis jurés de l'oppression *. Ils avaient adopté, comme un développement légitime du judaïsme, le dogme de la résurrection des corps. Malheureusement, dans leur désir de conserver à tout prix
* Jos., Bell.Jud,, II, 8, 9.
* Ewald^ Gesch, Israels, III^ 322^ et M. Reuss^ Hist. de la théol. apos4,, 1. 1, c. 9, rattachent cette secte au judaïsme pup, par un développement intérieur sans mélange de dualisme. Voir Mangdd^ Die Irrlehten der pastoralen Briefe, p. 32, 60.
* 4>api9aTot, o{ èpii.iQyeui(4>evoi àfcopEqi^vot. Bpiph.hœres,,JSly 1. ^ 4>apt9aTot ^iXeucri 8^v<i^evoi |AiXtata àvtucpdboetv %f0^r
leCç. Josèphe, Ant,, XIU, 10, S.
306 LH» SADDUGSœi
la religion dc& pères^ ils arment aecmiralé les tsradiCionset favorisé le développement da formalisme^. fTnissQiHf étroitement là politique et là rdigibn, ife sobcoNfon^ naient la seoondte à la première. A^es d*infhience et d'autorité, ils cherchaient à obtenir la fayenr du peuple par tons les moyens^ et snrtout par nne piétë^d'àppuat qui sonnait la trompette devant ses rares bonnescsv^ Très. Us étaient aussi tombés dans te travers' dé ton ceux qui, en religion et en morale, mettent Ift lettre dsoh dessus de Fësprit, et ils avaient inventé une casnisfiqae' habile- qui mettait la conscience à TaÎBe tout en panda* sant la lier à' là loi ^.
Les saddueëens tiraient leur nom soitdeTsadoCy fon* dateur présumé^ de leur secte, soit db mot hébreu' qui désigne la justioev parce qu'ilis se donnaienftoomme^liae vrais justes^ en' oppdsitiw aux' pharisiens; ils' présentaient en effets ipreo ceux^^î le contraste le phis tramhê. Us repoussaient toutes- leurs traditions ' ; ils^ reje* talent ausi^ comme im absurde préjugé le patariotlsme farouche qui ne voulait, à aucune condition, traiter avec rétranger. fis étaient toujours disposés à pactiser avec lui, pourvu qu'il leur procurât le repos. Riches et voluptueux, ils ne se rattachaient que par forme à la religion nationale, et n'avaient d'autre désir que dfe jouir de la vie présente, sans se soucier de la vie à venir. (Tétaient les épicuriens de Jérusalem, mais ils étaient obligés à, quelques ménagements vis>àrvis d'un
* N^tjAa xoT^Xa Ttva itapiSr^cav t$ Si^jjio) ol ^pvscaat fesp eux
àva^cYpaxtat èv toÎç MStôoiÉw? v6|Jt.oiç. 3ùs,,Ant,y XIH, to, 6. « Matth. V, 33, 43. — » Jos., Ant.y XIII^ i«i «^
L'ESPÉRANCE DU ttBSSiE Bj»» ilB&iaSGTES JUIVES. È^
fGOfie «irdeat «et iaïudiqne, èeaiico«p ftes eiidift «« ^jnirisafiaaie ^qa'«tt BiédiioéiBme. Ces deux pnrâs, le parti 4e ÏMadéfGadgmot ^ «elai de l^ébnmger^ «e retroKvettt difis tons les Etots qui 'Sont sw ieiir dédûu Eu Judée, Ua appanoent soas les JoriHes prapces aa payseti^offlmaadées en qiielfK hmm^ {hv soft iôfitoiiie, mak ils y révélâifiat les mêmes paasioMiet gr sfadeTërent les mânes «wages que tdans ioutes les natioas ^ r«»aarTissesieBi eat de date néoËiEle.
Qâ'étajt deireBoie l'ec^éBBMee 4xi Mieame éeja ^DCflie
lafilée des partis? iEie .aumageait aoHdessusAa^es^loti
i^iiés ipii ,s'efi1re-ciioqQaàBat ia:vee violeBee, mais eQa
siibisisait; de proÉMades modifioatioiiB d'œie lembuDee à
FMLtJpe. La tendaiiûe doalisïe, ipd diepcluut par la ccoh
tesDflatioii et Tascélisme à ùasasbàr Vàbime oteo^é pur
le juda&me eoatre la créatare et Dieu, déntwak €om-
plét^aeat Tantique espérance d'IsrafiL Chez HitoA^ci
les premiers pr&pagabSHrs de la tiatéoBophie orientale,
elle perdaât sa valeur nuirale ; ^dle prenait ««•oasacièR
cosmogoniiitte^ le Bial étant assmilé é, la matière, le
sakit était rattadué & la maoératioi» da cofps, Cuspem-
dant ee Isesoin même de se perdre en Bien, inbérent
à la doctrine dlexaadhiae , ne ppocédait-il pns de œ
déàr dmiktt al)sc^e avee la Divinité qui ne totmneiïlie
Tàme que pour la préparer au saint ? L'espérance da
Messie , dans la secte pharisienne eomfme dans le pea^
pie qui subissait son influence, était aussi ardente
<}ue grossière. Nous itvons Ijbl preuve de cette attente
générale de la d^Uvranee promise non-senlâtient dans
les nombreux soulèvemeats des iaià^ amm eacandaBS
3M LES UViŒS SIBYLLINS.
quelques écrits apocryphes où leur imaginatioii exaltée a essayé de peindre en Yiyes couleurs Tayenir qu'ils attendaient. Mous citerons d*abord, au nombre de ces écrits, un fragment de ces fameux liyres sibyllins dont le mystère est pénétré par la science contemporaine. On sait que tous les réyes de Tancien monde y ont tour à tour déposé leur empreinte. Les Juifs d* Alexandrie ont essayé les premiers de donner à leurs yues sur Fayenir cette forme bizarre qui ayait Tayantage d*étre acceptée et yénérée de leurs contemporains. La sibylle personnifiait à leurs yeux la première de tontes les prophéties, celle qui était antérieure aux oracles des liyres sacrés. Us mettaient dans sa bouche leurs aspirations, et quelquefois aussi Texpression de leur haine contre les puissances qui les ayaient opprimés * . La partie des liyres sibyllins qui porte F empreinte éyidente d*tine main juiye commence par annoncer la ruine des diyerses monarchies dont la nation sainte a porté le joug , tandis que la gloire de la race élue est célébrée sur tous les tons ; c'est d'elle que doit sortir le Sauyeur. Le Messie descendra au temps youlu du soleil et apportera ayec lui la paix et la sainteté. Les adyersaires de la théocratie qui se soulèyeront contre lui seront anéantis dans de grandes crises du monde physique. Dès lors, le peuple de Dieu habitera dans la paix et la sécurité autour du temple, et les païens se joindront à lui pour
* Orac, sibyii,, curante C. Alexandre^ l*' i^ol. F. Didot. — Voir, dans Lucke^ Offenbarung des Johannes, t. I,p. 66^ et tout le chapitre concernant les oracles sibyllins. H énamère les raisons qui lui font placer la composition des firagmenti jfdf» acvant Jésos-Ghrist.
LB hPftE D*HÉNOG. 309
apporter à Jéhoyah leurs. offirandes. Tel est' le fond des prophéties sibylliques; eUes sont, cemme on le yoit, essentiellement théôcratiqnes ; elles se modifient qnel* que peu d*nn oracle à Tautre , selon que Fauteur est préoccupé de tel ou tel ennemi du peuple de Dieu , mais eUes se ress^nMent toutes pour le caractère géné^ rai; elles ne dépassent pas le domaine temporel.
Le liTre d'Hénoc^ qui a été écrit, au moins dans sa partie essentielle, ayant Jésus^Christ^ s*attacbe surtout à décrire la lutte des mauvais anges contre Dieu , leurs prétendues relations avec les filles des hcmimes, et lec^ funeste influence sur Thumanité pour la corrompi^e ^ ramener au culte des idoles*. Hénoc, TaBai de Die»? qui a été enlevé au ciel, est chargé d'annoncer afbt mauvais anges leur condamnation future. Ce singcriKeÉ livre entre dans de grands détails sur la nsture éds anges et des démons et sur la constitution physique du globe quH rattache à une démonolo^e fantastique. Dans une de ses visions les plus remarquHhles , - iè Messie apparaît à Hénoc dans la gloire du ciel, n est le serviteur de Dieu par excellence ; il a été appelé à Tester tence avant le soleil et la lune , et il a pour mission 4e révéler tous les secrets de Dieu, puis de juger le momdeé Le déluge est le premier de ses grands jugeiâeirts; le second aura Ken à la fin des temps, n portera non»* seulement sur les vivants , mais encore sur les morts^ et même sur les saints qui sont dans le ciel. Les rois delà teif e serc»]^ épouvantés et tous les ennaBÙs du Messie
* Lueke^ 1. 1, p. It5-141.— • D'apr. Gea. VI. .
u% ESPÉKABRas loraunœs.
MroBtaceaMésptr leeoarrMixdrVKeiv, fnrf^^pie k SMîété des SMDis aolxBBlent b jamus et ëaneoper» ayee le Messie é'élcrmté en étenûté. LeK^re éf H^ésoe se termine per m aperçs générai: et s jndi^qoe de Tlnstoire dft la théocvatie dÎYisée en dix squames ou ébc pérîoées. La partie jttdaïqBe du Icfie apocrfplie oomia soiis le nom de FP Arre éFEadrÊs est anntée d« mâne esprit*. Toute eetke littérature répond parfiiitement i ceqoe nous savon» des- dispositioas da peuple jaif k cett& épeqae^ wm earactère aiatérid de ses espérances^ â sa préocettfation exeknive dn cété teirestre et poiitîqii&deFœnTre da Messie» enin à sa prédtteetiont imoiodérée pcfor ki daelRne des ange» et des démons, il empvante à ses yiropfaèteft des s^pa^boks et de» mipréeatioBs, mais éndwiment il ae les eoaifurend plusv Toutefoia^ it lil; dans Tattente, daas nne atiaite anxiense et pasaimiaée. Il seoat qa^il touche à nae grande* erise de 90» histoire ; maïs il j est mal préparée n attend an ^tre Messie que celui qui lui est réseryé ; il se trompe dlaas ses aspirations de même qae la asaîorité des palans; mais FuBi^ersalité de cette attente n'en est pas moins an fait ecmsidérabte et qui annonce le dénomment prodiain de la période dî& préparation.
Serait^^ee à dire cependant que ce judaïsme anormal sait le seul représentant du peuple d^AbrahsM et de Bavid? Il n'en est rien. L'Evangile nous initie ^s ses preaiières pages à kt vie religieuse de quelques pieux kmélftesv k lieass espéraaçees età leurs' prières: le ean-
1 Lucke, Offenb., I, § 12i
£BS YttAIS HâUTIEBS BEB mCOSSffllS. Mi
tique 'de Sûttéon e^ celui de. Maàe respifi^Kt une éiéva^ tioii, iiiiejfiÎEituaIitè,/niie iermetéde e<Haffiaitee„i»»fiii toHtnm ««dsecde sao^timeute ifien da&Ble faM'é
oTjest QOiBinrable. Le ginnd un^yersaliaiBa rel^ieua: qMî éftaitdbérjà ivesi&mé dui&ila,pveBiièse prodieaseJaileKà id(kvabni jressoittniec iUne ckrté admirable de leur ïawh gage , .Men tqttetfelutei soit enooce pif ipcnir la iooùB^ <^MBSji0akfoa!^wa.ii0n kaqaéi
tQ/OS. pv^aié dei?«it'Ia iaee de Ions lespie^ples^ peur étie la tanniëve rpour éclairer les nadrans V. »» 4>bl mM ipte oes âmes droites et humbles ont puisé dans la décadence même de leur nation un désir plus ardent du salut. Que Ton compare leurs cantiques aux livres apocryphes de ce temps, et Ton se convaincra de Fexistence simultanée de deux judaïsmes parlant la même langue et portant le même costume, mais profondément séparés l'un de l'autre par les idées et les sentiments. La représentation de l'humanité devant Dieu n'est pas une question de nombre, mais bien de valeur morale, ^ssi ce petit grouppe des Siméon, des Zacharie, et de ceux qui partagent leur attente , représente le vrai judaïsme , comme les Corneille, les Serge-Paul et, plus tard, les Justin représentaient le monde gréco-romain dans ses meilleures aspirations. Les temps sont donc mûrs à Jérusalem, comme à Athènes et à Rome. Aussi quand Jean- Baptiste, le prédicateur de la vraie pénitence et l'homme de l'espérance, apporte du désert cette parole : « Kepentez-vous, le royaume des cieux est proche, » il pro-
* Luc n, 30, 32.
3li LES VIAB fflÔOTIEBS DES PBOilESBBS.
dame les deux grands résultats de récanonie piéparatoire : raecaUement salutaire du rq^entir, et le frénissement d^one jojeose espérance. Da cœnr hrisé êe la race déchœ s^élère on soapir de tristesse et de saint désir. La terre est altérée de la rosée câeste. Le aid n*a pins qn'à s^oorrir pour Ini acoMrder le jins préôemL de ses dons. Le Fils de Dieo pent descmidre, car H s«ra en même temps le Fils de THomme; assez de doniears et de prières rappellent de TOrient à TOccident pMirqn'il joigne ce nom de la terre à son nom dn dd.