‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 129 sur 184 · U LA RELIGION DEFINITIVE · texte numérisé non relu

U LA RELIGION DEFINITIVE

dons immenses ; ils m'ont peint sa noble beauté et sa miséricorde. Aussi je ne puis supporter Tattente d'un ter amour *. Déjà Téconomie actuelle tire à sa fin, je ne vois encore que ses serviteurs qui montent et descendent l'échelle lumineuse. Je me tourne vers toi. Père de mon époux, et je te supplie d'avoir pitié de mon amour et de me l'envoyer, afin qu'il ne me parle plus seulement par ses serviteurs et ses prophètes, mais qu'il vienne lui-même et que je l'entende lui-même parlant et enseignant. L'âme humaine, ajoute Origène, a le désir profond de s'unir au Verbe même parmi les païens ; elle a reçu les arrhes du divin mariage. De même que la kn et la prophétie ont été des gagea, de Tavenir pour Isvaêl, de même la loi de la conscience;, rintelligence et le libre arbitre ont été peur T^Ubc JhBr maine, en dehors du judaïsme, les prés^its des imiçailles. Elle n'a trouvé dans aucune doctri»e philosophique la satisfaction de son désir et de son amour ^. Elle demande l'illumination et la Visitation du Yerbe. M hommes ni anges ne lui suiEsent, elle veut l'embrassement du Verbe de Dieu^. >• Le grand docteur d'Alexandrie a peint admirablement par ces paroles l'attente de rhumanité contemporaine de Jésus-Christ. Il vint enfin celui que tout préparait etaaaonçait, et vers lequel gravitait toute l'histoire de l'amâen moode. Il vint et avec lui une ère entièrement nouvelle comr

* « Adamoremejas inHoieralîiliter inflammarer. » Orig., in Cantic. cantic, lib. I.

* Pieaa atqoe perfecta desiderii sui amoris explatio.

8 « Ipsius oscula Verbi Dei. » Orig., /» Cantic. cantic, lib. L

meace; ausL ir€3igiûaS' prépaialek es succède la rdigiea

Cette appcéck^a do chxistiatBSiae lenccmtaei e pnme akercLAenx oliîeftiooâ priiiei9ate&, ^*il faut éeaetev.Ses aéNrersaiies, profitant contre hà des^ analoskânvtQrelkft (pd esifilaÉt entre la religioni défioki^e et les. reUgionfi fœ Tofit préparée, lui ont refusé toute origkialité. Les uns (m& pvéteudii que Jésus-Christ s^était contenté de ps^Ioagier le judaïsme dass sa direction la plus pure, mate sasA y a|JM;ter une seule doctrine,, et sa»» aToir oonscience d'iqipofler au nonde ufi^e religion nouvelle. Lesr auflres n^cmt mi dans son enseîgifeenient qu'un isàbSe: mélange des idées juirves et des idées orieiir taies. Vmte et Taulre kjpetbèse* ne résistent pas à nu examen attentif. La première a été déyeloppée avec un vaste savoir et une d&abectiçue ingénieuse par une école c^M»temporaine> qui a accepdé e& ^elqne sorte la gageure de placer an second siècle tcmt ce que nous avions pris juss^u'ici peur le christknisnie primitif, et de mettre soiiis le nem de saint Paul tout ce qui amit été attribué par l'Elise à Jteu&£hrist Itti-mème. Il nous faudra reconqu^ir sur eife pkd à pied pur Texamen des documents le temin de Tkîstoire évangélique. Ce n*est pas le monuent d'engager une dfecusBion qui n'a aucune valeur tant qu'elle se maintien* dans, les généralités. H nous swfllra d'établir l'authenticité du quatrième évangile pour réfuter ses fnndpes essentiels, car il esil évident qae si l'évangile de Jean remonte à la date traditionnelle, on ne peut plus faire de Jésus-Christ le plus popukâze des zabbôns

346 L'ËGOLE DE TUBINGUE ET LE GHRISTIAmâiE.

qui aient yécu an temps des Hérodes. Nons montrerons comment les trois premiers évangiles nons donnent le même Christ qne le quatrième, malgré nne certaine différence de préoccupations. C'est donc à cette histoire elle-même à renverser Féchafaudage d'an édifice scientifique qui, pour avoir des proportions imposantes, n'en repose pas moins sur une base fragile. Toutefois, nous pouvons dès maintenant écarter le principe fondamental de r école de Tubingue. Dans T ouvrage que Ton peut considérer comme le progranmie définitif de son chef, nous lisons que Jésus-Christ s'est borné à pi^ cher une morale pure et à recommander le développement de la vie intérieure. D'après Baur, l'évangile de Matthieu est le seul document vraiment authentique qui nous donne la pensée du fondateur du christianisme; cette pensée doit être cherchée surtout dans les discours de Jésus-Christ, et spécialement dans le discours sur la montagne, qui porte l'empreinte évidente du judaïsme. Si l'humilité, la pauvreté, le recours à la grâce et l'abandon à Dieu y sont enseignés, il n'y a là aucun élément vraiment nouveau ; l'originalité de ce christianisme des premiers jours, est uniquement dans la prédominance de Vêlement moral. Ce qui a fait sa fortune , c'est la rencontre des espérances surexcitées des Juifs de la décadence et de leur fiévreuse attente du Messie avec la personne remarquable de Jésus-Christ * .

On est en droit de demander de quel droit ce savant

* Dos Ckristenthum der drei ersten Jahrhunderte, von Baur. Tubingen^ 185S^ p. 25 à 87.

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