L'ECOLE DE TUBINGUE ET LE GHRISTIANISHE
illustre que nous combattons choisit et isole un seul morceau d'un éTangile pour y chercher tout renseignement du maître. L'ensemble de Thistoire évangéUque, puisée même dans un seul évangile comme celui de Matthieu, sufSt pour démontrer T insuffisance d'une pareille explication du christianisme primitif. n est vraiment par trop commode de jeter par-dessus le bord toute la portion embarrassante du document que Ton accepte. Il est notoire que dans le premier évangile, aussi bien que dans les autres, Jésus-Christ se donne comme l'objet de la foi. Le salut est toujours rattaché à cette croyance * . Or, cette prétention est un fait absolument nouveau dans le judaïsme; elle n'a aucun précédent ; ajoutons même qu'elle devait heurter tojut particulièrement ce monothéisme strict, si jaloux d'abaisser l'homme devant Dieu et d'enlever tout prétexte à une comparaison injurieuse. Se poser soi-même comme l'objet de la foi, c'était donc rompre hardiment le cercle rétréci des anciennes idées. Nous voilà bien loin de ce simple développement moral dont on nous parlait. Il ne sert de rien de prétendre que l'attente nationale du Messie, si générale à cette époque^ a pu donner cette forme à l'enseignement de Jésus-Christ, car bien loin de répondre aux espérances de son temps, du moins telles qu'elles circulaient dans les masses, il a pris soin de les décourager et de les combattre. Le sermon sur la montagne renferme dès ses premiers mots une énergique protestation contre
i Matth. XVUl, 6.
3f8 L'ÉCXHZISIIIBIKGUEET LE GraiSTUiNISHE.
les prëjagés enracines 4e cens qai se ppessaiest eneeire en foule pour écouter cette parole qm rerifanudt tant <raatorité dans une si grande douceur. EHe lî'^appofle pas senlement an monde nn jndaîsmeépnrë, lunuBile tt ferrenty eUe ne prèdie pas senl^nent la laristesse, la repeirtance^la pau'VTetè, mais die annonce anssilelmïhenr, et si eBe le met tout d^abord dansles larmes pénitentes, c^est la preuve presse audacieuse qn'éBe se sent capable de répandre la iconsélation et le «dut dans les cœurs idBigës. Le premier éyangile, comme les $nr très, attribue au Ghrist le pardon des péchés^ met dans sa bouche un langage dont nous pèserons plus tard tes termes, mais qui, au point de Tue purement judtf que, aurait été considéré conune le combledu Uasphème'*, que dis-je, quiTa été devant le tribunal saoerdcrtaS oh comparut Hmiooent^. C'est qu'en^et il idlait jusqu'à meàre le nom du maître galiléen sur le rang même du nom trois fois saint de Jéhovah, «t à établir entre ïësus-'Ghrii^'et Bieu une relation unique et mystérieuse qui impliquai sa divinité, comme û Ta reconnu lui-même en ne re« poussant pas Taocusation lancée contre M dans le sanhédrin de s -être posé comme le Fils de Dieu, iue ps^emier évangile, comme les autres, donne à sa mort et à sa résurrection cette capitale importance ^qui leur confère une valeur dogmatique. Il nous semble donc «qn' en nous refusant tous les avantages que nous tirerions de Tétude comparée des écrits authentiques du Nouveau
1 <( Nul ne connaît le Fils que le Père, et nul ne connaît le Père que le Fils. » Matth. X, 27; XXVIH, 18; XXII, 45. * Matth. XXVI, 63, 65.
BTFQrmËse de SALTADCnu 34»
Testament, et en hcris eoBtentaiit pour le moment d*im n^ide aperçu de la questie» confro^f^^rsée, nous saramëa eaimesiuare d^^earter rassertieo de récolte qm aetnette^ ment est le ph» finrtement organisée contre le elnistia»
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Faafre hypothèse diaprés laquelle la doctrine de JésfB^Christ anraît été puisée i tontes les sooroas de Fancîen mcmde , est-elle plus plantàble? Hcmnercmanous mseii à M. Sali^ador, qnand il prétend que « le jenne ma^HTe de Galilée a perfectionné la combinaîsoB de rfaébndÉne et de Forientalisme, sans donner ancmie mgînafilé à sa doctrine^?» Nvns connaissons cet orieiF laKsmé y dcmt on tait un des fecteurs de rEyangfle. Hous TaiFons snivi dans toutes ses transformations, nous Tarons toigours trouvé baflotlé entre le matériafisrae et ra^cétisme extrême, ta»tdt gtorifiant et dirimsant la nature, tantôt cherchant à ranéantir, nmis tral* nant toufoors après lui cet élément matériel dont il ne peirt se débarrasser, parce qu'il ne peut respUquer: Sons sa forme la ;^us subtile et malgré les coulenrs d^sn mysticisme séduisant, il nous est apparu ehm Phiton^ toigonrs entaché de son dualisme originel, poursnivi par Fh!rvînc3>Ie matière jusque cbms Textase et la contenir plation , parvenant à créer on à rajeunir un mot heuyeux, ceisn de Yeibe, nnds ne réussissant qu'à lin foire exprimer les irrémédiables contradietioits d'une doe*trine afentareuse. Il iaaà beaneoup d'iUmâon ou beau-
1 Vittrsur ce pqiat Doraer, Lekre^der Pers. Chrût, I, SO^ ,&1.
« Jésus-Christ et sa doctrine, patr J. Salvador. iWis, liis, t. I,