‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 174 sur 184 · LES DEUX CONFÉRENCES · texte numérisé non relu

LES DEUX CONFÉRENCES

s*agissait plus seulement d*un fait isolé comme à T époque de la conversion de Corneille. Ce n'était plus une seule famille qui recevait le baptême : c'étaient des milliers d'incirconcis. La seconde question concernait l'apostolat de Paul. Avait-il le droit d'user d'une liberté aussi grande dans le champ d'action qu'il s'était choisi? Pouvait-il ainsi, sans s'être entendu avec l'Eglise de Jérusalem, opérer d'aussi importantes réformes? En d'autres termes, était-il véritablement apôtre ? De ces deux questions, l'une était d'un intérêt général et l'autre personnelle à Paul. Il convenait de traiter la première à la face de toute l'Eglise, tandis que la seconde par sa nature délicate réclamait une discussion intime. H y eut donc deux genres de conférences qui eurent lieu simultanément à Jérusalem, des conférences privées entre les apôtres \ puis des conférences publiques auxquelles l'Eglise entière prit part ^.

Mais avant de suivre ces importants débats il est nécessaire de nous orienter en quelque sorte au milieu des diverses tendances qui se trouvaient en présence. On a prétendu qu'au fond la lutte était entre saint Paul et les autres apôtres, qui n'auraient dépassé en rien les idées judaïques. Cette hypothèse a contre elle aussi bien les déclarations explicites de saint Paul que le récit de Luc. Nous avons déjà esquissé l'histoire de T Eglise de Jérusalem jusqu'à cette époque. Nous avons vu que, tout en continuant à pratiquer les observances légales, elle avait le sentiment de former une société à part, fondée sur la

* Gai. U, 1-11. — * Actes XV, «.

Page 1