BRAHMANISME
îaste des prêtres, éonA il était le protecteur natarel * . Les prêtres, pendant les jours de la conquête, avaient obtenu une grande influence, car le succès des armes était attriteé à la célébration exacte des cérémonies sacrées. Agisiattt directement sur les dieux par les libations et les sa- [orifices, ils jouaient, dans la guerre, un rôle non moins important que les guerriers, et, après la conquête, ils deraient nécessairement remporter sur eux. Aussi, quand la réY(dution religieuse qui conduisait les Indiens au panthéisme le plus conséquent fut opérée , le nom du iieu vainqueur fut celui du dieu sacerdotal ou de Brah- Bia^. Indra, le dieu guerrier, lui fut subordonné, ainsi pie tous les autres dieux, qui, n* étant que des manifestirions particulières de la nature, étaient bien inférieurs k la divinité qui la remplissait tout entière. Mais les pirélTes ne se contentèrent pas de ce triomphe. Doués III plus haut degré du génie spéculatif, ils élaborèrent un système subtil et compliqué par lequel ils essayaient l'expliquer Torigine du monde. Us arrivèrent ainsi aux idées les plus opposées à la religion de leur berceau. Tandis que, d*après le Rig^Véda^ la nature renferme un élément bon, Félément de la vie, de la lumière, que rhomme doit faire prédominer sur Télément mauvais , qcd est Félément de la mort et des ténèbres, la nature fut frappée tout entière d'interdit par les prêtres indiens. En effet , d'après eux , elle était sortie de Brahma par voie d'émanation; Brahma en était Tàme, le génie caché, la source prcrfonde épanchant incessamment le flot de la
1 Lassen^ 1. 1^ p. 760. *- * Dunker, t. M, p. 65«
58 PANTHÉISME ASGÉnQUE DES INDOCX.
Tie. Mais aucun être ne lui est semUable; aucun ne le r^NToduit tout entier; en naissant à la yie réelle , Tétre qui sort de lui naît à une yie nécessairement imparfaite; la première émanation est déjà une diminution de la Vie diyine, la seconde Test encore davantage , et plus les êtres se multiplient plus il y a déclin. « Brahma, lison»^ « nous dans un passage des Yédas appartenant à la « période brahmanique, est Téternel, Tétre pur, éxcd- « lent. Le monde est son nom^ son image; mais cette « existence première, qui contient tout en soi, est seule « réellement subsistante. Cet univers est Brabma; il « Tient de Brahma ; il subsiste dans Brahma et il rettraime a à Brahma * . • A ce point de yue la naissance est ea elle-même une déchéance, et le monde de ht naissance et du changement est un monde maudit. Telle est la conséquence de Témanatisme, et la religion indienne Ta formulée dans toute sa rigueur. Aussi est-elle une r^* gion d'ascétisme et de mort, qui pousse à la réjectiion de Télément naturel, à la destruction de l'existence Anie et limitée. Elle tend de toutes ses forces, non pas au piegrès et à la vie , mais au néant. Nous ne pouyons, dans cette Introduction, qu'en esquisser Thistoire; qar, an point où en sont paryenues les études orientales, nn tableau complet de cette religion réclamerait des déTeloppements considérables.
Le brahmanisme, sous sa première forme, ayant que la triplicité ait été introduite dans le Dieu suprême, se trouye renfermé dans les lois de Manou. Nous ne saurions
1 Creuzer^ traduct. Guigniaut^ 1. 1, liv. I^ ch. II.
LOIS DE MANmi. 5»
nieux faire, pour en donner nne idée, que de présent er une analyse succincte de ce code religieux que Ton ait remonter rers Tan 1000 avant Jésus-Christ.
Le premier livre contient un essai de théogonie. C'est M développement de la théorie de T émanation. « Par ini réveil et un repos alternatifs, Têtre immuable fait temellement revivre ou mourir tout cet assemblage de Féatures mobiles*. Il fait passer tous les êtres successif entent de la naissance à Taccroissement, de Taccroisenarent à la dissolution, par un mouvement semblable ii eliii d'une roue. Celui que l'esprit seul peut percevoir, ni échappe aux organes des sens, qui est sans parties isibles, étemel, l'àme de tous les êtres, que nul ne eut comprendre, déploya sa propre splendeur, ayant èsolu dans sa pensée de faire émaner de sa substance is diverges créatures * . » Des eaux produites par lui 3rt un œuf brillant, qui, en se partageant, forme le tel et la terre. Eu même temps une multitude de dieux, e qualités et de vertus, se dégagent de ces premières oianations.Manou, produit par Brahma, a créé l'univers ar le moyen de dieux intermédiaires ; mais ce monde àt la reproduction d'un monde antérieur, car les créa- DUS de la divinité se reproduisent incessamment.
Les lois de Manou nous montrent le régime des castes H pleine vigueur. C'était la conséquence de la con^ cîèté; les anciens habitants du pays, sous le nom de odra ou Soudrus, devinrent les ilotes de l'Inde et >rmèrent la classe méprisée et foulée. Les vainqueurs
* Lots de Manou, T, 57.
<0 LOIS JMB liANOU.
s'étaient partagés en guerriers et en tgricultears ; aadessas des uns et des autres étaient les prêtres, qai avaient pris le nom de brahmanes. Le eode sacré essaya de donner une base éternelle à cette organisatiOD. « Pour la propagation de la yie humaine , y Vsomnous, Brahma de sa bouche produisit les brahnaiies, de son bras le guerrier, de sa cuisse le labanureiur et de son pied le soudras. « Les lois de Manon mettent le brahmane à la tète de la hiérarchie sociale et ànàf" chent constamment à relever sa dignité ; elles forment ainsi une sorte de Lévitique indou. Cependant, toatout dans les derniers livres, Forganisation génânle de la société est réglée par des prescriptions assex mi* nutieuses. On voit que la royauté est investie d*un pouvoir despotique. Le roi est comparé aux dieux; il est mis par là en rapport avec la caste sacerdotale* Le d^ potisme reparait à tous les degrés de la hiérarchie, et certaines prescriptions montrent combien il devrait accablant de la part des autorités subalternes. Le roi est vivement sollicité d'exercer la justice, afin que ac^a royaume fleurisse comme un arbre bien arrosé.
Les lois de Manou sont très remarquables comme eode pénal. (I Le châtiment, disent-elles , gouverne le geare humain, le châtiment le protège; il veille pendant que tout dort *. » L'adultère, le jeu, sont sévèrement puni»; mais on peut se racheter de beaucoup de crimes par défi amendes graduées. Les expiations religieuses sont égii* lement innombrables.
* Lois de Manou, VIT, 18.