‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 3)Chapitre 21 sur 184 · LES ARYENS AU BORD DU GANGE · texte numérisé non relu

LES ARYENS AU BORD DU GANGE

i riiymne célèbrent cet ami qui circule dans nos coupes

et qui tient sa place à nos fêtes, cet immortel qui, pour

mériter nos louanges, nous donne sa douce rosée. Il

suit mille et mille yoies ; il tombe dans les coupes , il

en sort. Il fait entendre sa \oix et brille au milieu des

fécondes aurores * . L'hymne et le chant sont les roues

du char sacré des sacrifices^. » Cette poésie éclatante

e parvient pas à dissimuler tout ce qu'ont d'élémen-

lire çt même de grossier les idées des premiers Indiens

ar leurs dieux. Ces divinités appartiennent compléte-

lent au domaine de la nature; les offrandes sont des-

nées à réparer leurs forces , et les libations à les dés-^

Itérer. Les prêtres qui préparent ces breuvages tiennent

is 4ieux dans leur dépendance et agissent magique-

leat sur eux^ JVéanmoins, déjà dans cette période, on

iscerne chez les Aryens de Tlndus d'éminentcs facultés

oétiques, et en particulier le don de traduire en sym-

c^s leurs impressions naïves. Une transformation pro-

>nde allait bientôt s'opérer dans les idées religieuses

t la vie sociale des Aryens,

Bace conquérante et militante au bord de Tlndus, Is devinrent une race pacifique et sacerdotale au bord lu Gange. Ils avaient échangé la vie nomade qu'ils valent menée sur les pentes de THimalaya contre un taUissement paisible au milieu d'une magnifique ^on-» rée, où la végétation avait un luxe inouï de croissance rt de couleur, où la nature révélait sa puissance dans de prands spectacles accablants pour la faiblesse humaine»

• nig-Véda, VII, «, *. — « Rig-Véda, VIII, 6, 9.

56 TRANSFORMATION REUGIEOSE.

Ils Quêtaient plus seulement e& présence de la joyeise Inmière du matin^ du soleil brillant sur la mcmtagDe, ou de la nuée rapide qui obscurcit le ciel. L*unité delà aature se révélait k eux dans sa majesté et ils se câroyaient dans son temple, quand ils entraient dans ces forêts immenses où les arbres se rejoignaient par le soimset, et, entrelaçant les lierres qui les enyeloppaient, formaient un dôme épais et comme une obscurité sacrée* Déjà sous sa première forme, leur religion avait porté Tempreinte du panthéisme, mais d*un panthéisme naff et yague comme Fenfance; ils avaient divinisé tout ee qu'ils admiraient ou redoutaient, mais ces personniflcitiens avaient toujours eu quelque chose de flottant tt dlndécis. Elles n'étaient que de transparents symboles pour peindre les divers aspects des contrées qu'ils tn* versaient. Aussi longtemps qu^'à leurs yeux la diversité l'emporta sur l'unité dans la nature, leur mythologie fot un polythéisme guerrier, une lutte constante entre de» divinités rivales ; mais du moment où l'unité remporta wr la diversité, ils furent conduits à diviniser non plus les forces contraires de la nature, mais la nature elle-méine prise dans son ensemble. Indra, le dieu de la lumière, œ put garder le rang suprême; la lumière n'est, en effet, (pie l'un des aspects de cette vie naturelle dont on voulait symboliser la totalité. Aussi fut41 peu à peu rdégué aa second rang. Il fut détrôné par un dieu qui, jusqu'alors, avait occupé une place très secondaire , mais qui aidait l'avantage d'avoir un caractère éminemment sacerdotal* Brahma ou Brahmanaspati, dont le nom signifie le seigneur de la prière y devait grandir en même temps que la

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