LE NIHILISME CONCLUSION DE LWDE
s'arrête abattu. Ici il est saisi par les reptiles; quelquefois, cherchant le miel des abeilles, il est honteusement blessé par les mouches qui le prodiùsent« Disputant ayec ses sanblables, perdant ses biens qu'où lui ar^ rache, il tombe sur la route accablé de douleurs. Lais-» sant derrière soi ceux qui tombent, la carayane s'avance^ entraînant dans sa marche tout ce qui yient de naître* Personne jusqu'ici n'est reyenu sur ses pas. Tantôt le yoyageur s'attache aux branches des lianes, attiré par le gazouillement confus des oiseaux qui s'y cachent, se diyertissant au milieu des arbres ; il porte sa chaîne sans espérer de la briser. Nul ne sait encore le terme de son yoyage * . » Ëyidemment, dans de telles conditions, ce qu'il y a de mieux à faire c'est de briser soi-même cette chaîne, et nous sommes ramenés par là au prin*» cipe essentiel de la religion de l'Inde : l'ascétique et l'anéantissement.
M' est-ce pas là le dernier mot de la religion de la nature, le terme de son dualisme? Ce n'est plus seulement la souffirance qui est le mal, comme en Pbénicie, ce n'est plus uniquement la stérilité et la destruction comme en Egypte, ce ne sont plus les ténèbres physiques et morales comme en Perse, c'est le monde entier, c'est la création en tant que création > c'est l'uniyers opposé à son principe, c'est la diyersité changeante de la yie opposée à l'éternel et à l'im-* muable. Aussi, tandis qu'à son premier degré, en Phé* nicie, la religion de la nature ayait pour deyise ce
* Bhagav.'Pour,, liv. I, c. XIII.