LES POURANAS
destiné à contre-balancer le bouddhisme en lui disant de laides emprunts. Yiscfanou fut opposé à la matière somme Tâme étemelle du monde émanée de Brahma. L'homme doit chercher à s^anéantir en lui; il faut Thodorer dans la Tie ordinaire par la modération, le désintéressement et la charité *. Mais c'est surtout dans les Pouranas^ dont la date est postérieure, que le "visehidaîsme est pleinement développé. Le Skagavat-Pautmtzs^ bien que le plus récent des poèmes indiens, porte évidemment l'empreinte de l'antique panthéisme. Bhaga* rat, ou le bienheureux Vischnou, est le dieu des dieux, t là cause et l'effet, l'ôme et le souverain del'univer^^. » [fois cet univers matériel n'a aucune réalité. La nature MSt belle, admirablement belle; mais elle n'en est pas aoins la Maïa éternelle, l'illusion mensongère, la courisane perfide dont il faut fuir l'embrassement. « Elle ipparut, dans un bois dont les arbres étaient couverts le fleurs variées et de bourgeons jaunâtres, la plus )elle des femmes. Il semblait que sa taille dût se briser [uand elle portait çà et là ses pieds agiles, doux comme m tendre bourgeon. Ses grands yeux ressemblaient à les étoiles mobiles, les boucles de ses cheveux noués em- )ellissaient son visage. Sa main charmante s'occupait à 'élever son vêtement. Le charme magique dont elle était ïntourée jetait le trouble dans l'univers^. >» Cette ravisante Maïa est la vie matérielle, la misère et l'esclavage les créatures *. La perfection consiste à s'y soustraire
* Dunker, t. Il, p. 243.
* Bhagaval-Pouranwi, traduction Burnouf, liv. III, c. VIÏ. » Liv. VIIÏ,c. XII. — * Uv. vu, c. IX.
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par rascétisme, et Fascétisme doit être poussé jogqa'au point où le bouddhisme le portait. « L^action fatt viTre rbomme, Tinaction lui assure Fimmortalité \' Qae le solitaire qui voit la vérité sacrifie Tillusioa dans la conscience qu'il a de Tesprit ; qu'inactif il se repose. au sein de Fesprit, qu'il fasse rentrer dans leur ordre chacim des principes dont se compose son corps ; qu'il £ifi0e rentrer dans Teau la terre, dans la lumière Teau, ém le vent la lumière, dans Téther le vent, dans le principe supérieur de la personnalité Téther, dans l'intelligence la personnalité, dans la nature Tintelligenee et daas r esprit immuable la nature; que, soustrait ainsi à la dualité, il s'éteigne, semblable à un feu qui n'a pto d'aliment ^. » C'est afin d'amener les hommes à cette vie de l'esprit que Yischnou s'incarne. Ses incamatîanB sont multipliées à l'infini, parce que la yie physiqae n'a aucune réalité et l'individualité aucune yaleur. Il apparaît tantôt sous la forme trompeuse d'un h<Name, tantôt sous celle d'un poisson, d'un sanglier on d'tm lion, tantôt sous celle d'un nain ou d'un héros. « L'être suprême embrasse ou quitte des corps élevés ou infé* rieurs, qui ont pour attribut le cœur, les sens et les éléments; il le fait par sa puissance propre, et reste distinct de ces corps ^. » U est semblable, dans ces incarnations, à un acteur qui change de déguisement ^ Le but de ces incarnations est clairement indiqué dans le passage suivant : « L'être incréé abandonne ee corps dont il s'était servi pour débarrasser la terre du fardeau
4 Liv. vu, c. XV.— « Liv. Vlï, c. XIÎ, XIV. — » Lir. VU, c. fl.- * Liv. Vlir, c. VllI.
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qoi Taccablait, comme on se sert d'une épine ponr en arracher vme autre -. » L'épine est la vie matérieUe, et Yiscknou ne la reyêt en apparence qu'afin de mietH la détruire. Ainsi, par un détour, le Tisefanouïsme re- ▼ient à la sinistre conclusion du bouddhisme : la mort; le néant, tant cette conclusion du bouddhisme est fata« lement amenée par toutes les idées religieuses de Finde. Eo vain la nature étale ses plus grandes magnificences : son éclatante beauté est un voile trompeur. Le secta* teur de Brabma, de Yischnou ou de Bouddha Ta percé d*an regard impitoyable et a vu tout ce qu'il cache de perdition. On ne saurait mieux peindre sa haine sombre de la vie qu'en citant la plus poétique des allégories du Bhagavat-Pouranas f qui reproduit avec un art admiraUe les enchantements de la forêt indienne, image brillante de la vie humaine, mais pleine des tristes sym* boles qui rappellent ses malédictions : « Conduite sur one route difficile par Tillusion, la caravane des âmes s'^re dans la forêt de l'existence, avide de bonheur, amis ne l'y trouvant pas. Les cinq brigands (les sens) la pillent; assaillie dans le bois fourré de lianes, d'hérités et de buissons, le voyageur court emporté par ses désira. Tourmenté par le en des grillons invisibles qui déchire ses oreilles et par la voix des chouettes qm agite son cœur, il s'arlrête^ rongé par la faim, auprès des arbres vénéneux, ou se précipite vers l'eau qui Ini montre un mirage. Tantôt; vcmlant gravir une mon^ tagne, il marche à travers les épkiesi et les pierre» et
« Liv. I, c. XV .