LES PÈRES D'ALEXANDRIE
conceptions de Thomme sur Dieu ; comme en dehors de ces conceptions, Dieu n'existe pas, elle ^st en réalité r histoire de la détermination de Dieu. Dieu, en apparaissant dans la conscience humaine, s'apparaît à luimême, c'est-à-dire qu'il a pour la première fois conscience de lui-même. La dialectique vigoureuse d'un philosophe de génie ne prévaut pas pour nous contre la prescription souveraine de la conscience morale*. La religion disparait avec le Dieu personnel; au point de vue du panthéisme il ne faut plus parler d'une histoire des religions, et on doit conclure avec Feuerbach que la meilleure de toutes n'est qu'un vain rêve, l'illusion de l'homme qui s'adore lui-même en se croyant prosterné devant Dieu.
Les défenseurs du christianisme se sont placés à des points de vue très différents pour apprécier le paganisme. Nous avons déjà rappelé les idées larges et profondes des Pères d'Alexandrie à ce sujet. Nous aurons trop souvent à y revenir dans le cours de cette histoire pour les exposer maintenant avec détail. Ils étaient d'accord avec Justin martyr pour admettre qu'un rayon du Verbe brille dans l'âme humaine et qu'elle se tourne vers la lumière de Dieu comme la plante vers le soleil^. Ces Pères recueillaient avec soin toutes les parcelles de
« Hegel, Religions Philosophie (W. W. XI et XII), 1832. 2" édition, 1840. Voir l'excellente analyse qu*en donne M. Erdmann, Geschickte der neueren Philosophie, 3* vol., 2* partie, page 822. On retrouve les traces de ces théories dans l'ouvrage de M. Quinet sur le Génie des religions, qui vient d'être publié de nouveau. Des publications récentes du savant auteur nous font croire que s'il eût eu à écrire ce livre pour la première fois aujourd'hui, l'influence du panthéisme germanique n*y eût pas prédominé à ce point.
* Clément, A6yoç TupoTeirrix^ç. ch. VI.