‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 100 sur 277 · SES PRINCIPALES OBJECTIONS · texte numérisé non relu

SES PRINCIPALES OBJECTIONS

tiens rejettent-ils les sacrifices, s'il est vrai que le Dlen de FAncien Testament les a institués? 3® Quel rapport enfin y a-t-il entre les peines éternelles et nos péchés? Jésus-Christ n'a-t-il pas déclaré que nous serions mesurés de la mesure dont nous aurions mesuré les autres * . Porphyre s'était surtout attaché à saper la crédibilité des Ecritures, et il avait soumis le texte sacré à un examen minutieux. Il passait en revue les livres de Moïse et refusait aux chrétiens le droit de recourir à une exégèse allégorique pour échapper aux difficultés du récit. Le livre de Daniel était particulièrement Tobjet de ses attaques; il niait son authenticité et prétendait que les prophéties qu'il contenait ayaient été fabriquées après coup sous le règne d*Antioehas^. Il affirmait que le stvle de Daniel dénote un original grec qui aurait été traduit en hébreu'. Le NouYeau Testament passait également par le crible de sa critique habile et malveillante; tantôt il se raillait des faits miraculeux^, tantôt il accusait Jésus-Christ de contradiction, en se fondant sur ce que, d'après le quatrième Eyangile, il se rend à la fêle des tabernacles après aycir déclaré à ses frères qu'il ne monterait pas à'Jémsalem ^. Mais il profitait surtout de la dispute qui eut lieu à Antioche entre saint Pierre et saint Panl. 11 reprochait au premier de tomber dans une grossière

* Ang.fEpisi.^C. Hieronym., Epùt., GXXXIîî, ad Clesiijh.,^W. « Eusèbe, H. E., VI, 19.

' Hieronym.^ Proasmium in Daniel,

* Hieronym.^ Uber quœst, hebrmc. in Gènes.

* Hieronym.^ Epist, ad Pommach.

4&8 ATTAQUES ITHIÉROCLÈS.

erreur, au seeond de s'abandonner à la colère, et ee dissentiment des deux chefs de F Eglise primitiTe enle- Tait selon lui tout appui solide à la doctrine chré^ tienne * . On voit poindre chez Porphyre la tendance de relever renseignement du maître au détriment cle r interprétation qu'en donnent ses disciples, sûr moyen de se débarrasser de VEvangile qui ne nous est parvenu que par les apôtres ^.

La Vie de Pythagore par Jamblique ressemble, à beaucoup d'égard, à la Vie d'Apollonius de Tyane, par Philostrate.; toutefois, l'imitation du récit évangélique y est bien moins sensible; aussi Hiéroclès, le dernier des écrivains païens de cette époque qui ait écrit contre le christianisme, s'est appuyé sur le livre de Philostrate et non sur celui de Jamblique, pour assimiler les miracles de Jésus-Christ aux sortilèges de la magie. « Vous tenez Jésus-Christ pour un Dieu, disait-il, parce qu'il a rendu la vue à quelques aveugles et accompli quelques autres choses semblables , et cependant les Grecs ne tiennent pas pour un dieu, maisseulement pour un homme favorisé des dieux^ Apollonius, qui a accompli de si grands miracles. » Hiéroclès s'attaquait avec impudence au caractère moral de Jésus-Christ, et répétait les plus viles calomnies de

* « Volens et illi maculam erroris,et huic procacitatis, et in commune ilcti dogmatis accusare mendacium dum inter se ecclesiarum principes discrepent. » (Hieronym., Proœmium in GaL Epist,, LXXXIX^ ad Augustïnum.)

* Voir, sur la polémique de Porphyre. contre le christianisme, Holsténius, Dissertatio de vita et scriptis Porphi/ri, — Baur, oavr. cité^ p. 408. — Une thèse de M. Rognon. Montauban, 1847.

ATTAQUES D^HIEROGLÈS. 1 o^

Celse * . On sait que ce controyersiste était en même temps on cruel proconsul; il gouyernait la proyiuce deBithjnie, et pouyait ainsi immoler ceux de ses opposants qa'il n'aurait pas conyaincus. C*est là le côté hîble et bonteux de toute cette polémique du paganisme contre le christianisme. La plume de récriyaiu s'échange trop facilement contre le glaiye du bourreau. Si Ton croit yolontiers, comme le dit Pascal, ane histoire dont les témoins se font égorger^ on méprise non moins yolontiers une doctrine dont les défeosenrs égorgent leurs adyersaires.

' Lactance. De morte persectUor., V. 2. — Euscbe^ Advers, HierocL

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