PORPHYRE
qa*dle disait seul et unique. Vaine comédie par laquelle elle trompait tout le monde * . »
Le néoplatonisme était au premier rang de la réaetion païenne. On pouvait prévoir qu'il attaquerait à Bon tour le christianisme, car il savait bien que eetle religion des pauvres et des humbles lui disputait vîetorieiisement le monde. Un homme, qui semblait admirablement préparé pour embrasser les croyances de FEglise, fut Torgane passionné de cette opposition. Porphyre, malgré T élévation de son esprit et cette mélancolie profonde qui ne Tabandonna jamais, demeura on fervent adepte du paganisme; il s'imaginait qu'il pourrait le restaurer en lui infusant le mysticisme transcendant de son système. Toutefois il avait le sentiment secret que les antiques croyances du polythéisme se dissolvaient dans son creuset philosophiqae; il tenait d'autant plus à conserver les formes et les rites de la religion de ses pères ; aussi toute innovation dans les usages religieux excitait-elle sa vive indignation. Il faut ^ écrivait- il à sa femme, honorer les dieux d'après les coutumes de sa patrie^. Son livre Sur les Oracles renferme bon nombre d'oracles supposés qui éUàeat dirigés contre la doctrine chrétienne. On y lit le trait suivant: « Un homme étant venu consulter iLpollon pour lui demander comment il ramènerait sa femme à l'adoration des dieux nationaux, il lui fut ré-^
^ « Tanc spretis atque calcatis divinis numinibus^ in viccm certœ religionis^ mentita sacrilega prsesumptione dei^ quem prsdicaret unicum.» (^Hilée^ Metamorph., IX. Edition Panckoucke^ 11^195.)
* T({Aav TO ôeTov xaià Ta xairpta. [Epist. ad Marcelian.)
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pondu qu'il serait plus facile d'écrire sur l'eau courante et de Yoler dans l'air que d'empêcher une femme égarée d'adorer son dieu mort*. » Ailleurs Porphyre rapporte un oracle qui est contraire à la divinité de Jésus-Christ, tout en rendant hommage à son caractère : « L'âme de l'homme pieux, y est-il dit, après que le corps a subi quelques tourments, s'élève dans les champs du ciel. >» Porphyre ajoute , en guise de commentaire, qu'il faut blâmer, non le Christ, mais ceux qui en font un Dieu. Non content de ces attaques détournées, le philosophe néoplatonicien composa un ouvrage considérable contre le christianisme. Son titre rappelle celui de Celse, mais l'esprit en était plus sérieux. Ses discours contre le christianisme étaient divisés en quinze livres^. Nous n'en possédons plus que des fragments ; mais au jugement des contemporains, ce livre respirait la haine la plus ardente contre l'Evangile. Théodoret voyait dans Porphyre le plus implacable ennemi des chrétiens'. Il n'est pas possible de reconstituer le plan de l'ouvrage. A en juger par les citations qu'en ont faites les Pères, il serait moins philosophique que celui de Celse. Ses principales objections se formulaient dans ces trois questions : r Pourquoi la mission de Jésus-Christ a-t-elle été si tardive? Qu'ont fait les hommes pendant les siècles qui l'avaient précédé*? 2** De quel droit les chré-
* Saint Augustin, De civit. Dei, XVI, 23.
* '0 'TUûiVTWV -^kjlTv l^ôiaTOç. (Gr. offect., 10, 12.)
* « Quid egerunt tôt saeculorum homines ante Ghristum. » (August., £pist., GII.)