LÉGITIMITÉ DES DIVERSITÉS DANS L'ÉGLISE
laissent donc les intercesseurs du Dieu vivant et vrai lui offrir pour l'empire le sacrifice de la prière et demeurer purs de toute violence. Ces combattants spirituels luttent contre les invisibles ennemis qui nous entourent; ils forment une armée plus secourable pour Tempire que les légions intrépides qui livrent d'incessants combats. Si nous ne combattons pas sous l'empereur, nous n'en combattons pas moins pour lui, dans ce camp de la piété d'où montent nos prières vers le ciel * . Les chrétiens sont donc plus utiles à leur patrie qu'aucun autre citoyen. «Ils apprennent à leurs concitoyens à honorer le Dieu de l'univers, ils élèvent ceux qui vivent vertueusement dans nos cités de la terre vers une patrie plus haute, qui est la cité de Dieu. »
Le paganisme antique adorait la fausse unité et lui sacrifiait tous les droits de l'individualité et de la conscience morale. Cette unité, il voulait la retrouver aussi bien dans la société religieuse que dans la société civile, et c'était l'une des raisons pour lesquelles il confondait les deux sphères. Bien qu'il ne pût pardonner aux chrétiens de faire schisme dans l'Etat en abandonnant les dieux reconnus, il eût été moins scandalisé de la formation d'une société religieuse nouvelle , si elle lui eût présenté le spectacle de cette unité qu'il idolâ- * trait; mais il reprochait amèrement à l'Eglise de développer incessamment l'esprit de changement, et après
* Xptcmavot [JiaXXov euspYeToutjt xàç ^arptSaç ^ oi Xoiicot tôv àvOp(î)XO)V. (Contra Cels., VI!T, 74.)