LÉGmBOTË DE LA FOI
tion nécessaire de la conservation de la vie humaine , partout où nous reste quelque incertitude sur les résultats de notre activité ^ la foi ne nous paraîtrat-elle pas surtout nécessaire, quand il s'agit d'une entreprise bien plus importante que de naviguer, que de se marier, ou que d'ensemencer la terre? Celui auquel il faut croire est le Dieu qui a fait toutes choses et qui dans ses grands desseins s'est exposé au péril et à une mort ignominieuse pour répandre la vérité parmi tous les hommes. » Il y a plus; nul ne s^enii^le dans une école de philosophie, nul ne se livre à ces hautes études, s'il n'a débuté par un acte de confiance envers le maître qu'il a choisi. Ainsi, cette foi que l'on raille est la porte de la philosophie qu'on nous oppose. Eh quoi ! il serait raisonnable de mettre sa confiance dans un des chefs de ces innombrables écoles qui se sont fondées en Grèce et au sein du monde barbare, et il ne le serait pas de croire au souverain Maître qui nous a appris qu'il méritait seul notre adoration ^ ! Il s'ensuit que le christianisme, en réclamant la foi de ses adhérents, ne prend pas une position étrange et exceptionnelle ; il suit la règle commune, indiquée par la raison elle-même.
Cette foi d'ailleurs, comme nous l'avons vu, n'est point sans motifs; le chrétien a accordé sa confiance à Celui qui en est souverainement digne. Bien loin d'in* terdire l'examen, la foi le provoque ; tout dans le chris-
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