DE LA MÉTHODE CHRÉTIENNE
radieuse de beaaté et de gloire que le Christ, quand il parut aux yeux de ses trois disciples le front ceint de la lumière du ciel. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Ainsi, même pour cette question de forme, Origène a transporté le débat sur le terrain moral. La beauté divine aussi bien que la vérité échappe au profane ; elle ne se dévoile qu'à celui qui est devenu digne de la percevoir. C'est que dans l'Evangile la forme est si près du fond divin, elle lui est tellement harmonique que celui qui méconnaît la doctrine du Christ doit nécessairement méconnaître la beauté de sa Parole. La beauté dans le christia^ nisme peut se définir comme la pure transparence de la vérité.
Pour ce qui concerne la méthode dans l'enseignement chrétien, Origène n'a fait que reproduire la belle argumentation de Clément, non sans Fenrichir et la perfectionner. Il s'agit d'établir, on le sait, que le christianisme, en réclamant de nous la foi, ne viole en rien les lois de la certitude, comme il en est accusé, et qu'au point de vue de la raison véritable, sa prétendue folie est bien plus raisonnable que la sagesse du monde. Origène rappelle d'abord qu'un certain acte de foi et de confiance précède nécessairement toute grande entreprise humaine, de quelque nature qu'elle soit. Sans cet acte de foi, on ne se déciderait ni à naviguer, ni à se marier, ni à élever des enfants, ni à confier la semence du blé à la terre , car on est toujours incertain du résultat de ce que l'on entreprend. « Si l'espérance et la foi dans l'avenir sont la condi-