DÉFENSE DU THÉISME
fermement la grande doctrine de la résurrection des corps ; l'élément corporel doit être à la fois maintenu et spiritualisé ; déjà, dans la vie présente, le corps supplicié des confesseurs est glorieux devant Dieu; il est ennobli toutes les fois qu'il souffre pour le bien ^ , Le principe moral est ainsi complètement sauvegardé. Origène aflSrme nettement que « Dieu est l'unique ouvrier qui a tout fait dans un même but et pour une même fîn^, » et que sa providence gouverne librement l'œuvre de ses mains, comme le prouve, malgré les affirmations contraires , la proportion des biens et des maux dispensés à l'humanité^.
Il n'est donc pas permis de ne voir, dans le monde et dans l'histoire, que le simple développement de lois purement naturelles et l'évolution monotone d'une destinée toujours semblable à elle-même. Nous y reconnaissons sans cesse l'intervention de la volonté souveraine et toute-puissante qui gouverne l'univers comme elle l'a créé, avec une entière liberté et en demeurant affranchie des lois qu'elle lui a données*. Le Dieu libre a voulu que les êtres formés à son image fussent libres comme lui. S'il n'est point de borne à sa connaissance; s'il voit se dérouler sous son regard, non-seulement les destinées du monde, mais encore chaque existence individuelle, sa prescience n'est point la cause déterminante des faits moraux qui se pro-
1 Contra Cels,, VIII, 50.
« "Eva 6ebv xdvTcov Sr^jjLtoupYov. xp6ç Tt y-al êvsy-év tivoç éxacrov -jcsxotYjy.éra. (/c?., IV, 55.)
• Id,, IV, 65-69. * ld,y IV, 54.
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dtiteetit, i^ ainsi la liberté de l'hominB subsiste intacte. Tontes les objections que Ton tire de la connaissance infinie de Dieu n'ont aucune portée ^
Une fois la liberté Sérieusement admise^ les piinei^ pâles difficultés que Ton opposé au chi^istiadisme disparaissent. La liberté seule permet une explication satis-^ faisante du redoutable problème de Forigitie du mal^ que Ton rencontre siir le seuil même de Thistoire. Le mal ne tient point de Dieu ; il ne procède pas non plus de la matière. Le mal n'est pas autre chose qUe la méchanceté, et celle-ci hait d'une détermination dé la td* lonté : nous appelons matiiL les actes pérters qtti éma^ nent de la Tdlonté ^« Les démons ne sdnt pas rceutte de Dieu en tant que démons; ils ont été créés pàt lui dans
leur qualité de Créatures raisonnables^ et c'est ft leui^ TOlonté seule qu'il faut attribuer leur pertersité ftôtUëUe'. Gardëns-^nbtis de Considérer le bien et ië Mû Comme deui réalités substantielles opposées TUilë ft l'autre : ce Sont plutôt deux activités morales différentes* Lé mal n'est dotic point Une création ditine. Si Ton objecte ijtte les maUx physiques procèdent parfois de Dieu , Origène le reconnaît, mais c'est à titre de châtiméht et dans le dessein de ramener au biétt CéUt qui s'en sont écartés*. Prétendre que Dieu aurait dû créer lés hommes de telle sorte qu'ils fussent absolument liés au bieU , c'est oublier que Sans li-*
* Contra Cels.^ Il, 20.
« Oux. eoTt xaxà èx ôeou- Tb vàp éxaatoO -JiYêiJLOvtxiv, a?ctov TY)ç u^odTûEcYjç èv aÔTU) yux%laq lattv, Y^tiç lori xb xax5v. [Id., VI, 70.)
3 /ûf., IV, 69. * Id., VI, 54, 57.
GRANDEUR DE La ilÀtURË ilCMAlNE EN SOI. 34*^
bértA lu conditioii première dti bien disparaît et que la térin l'epose tdtijôtirs stU* une libre dëtennina'i tionS
81 ta Ilbefté seule etplique la cf éàtiem et Forigitlë dti mal, ÈëVie attfisi elle n(nis iiiitie à roÈiatre immense dé U téàeAptioïL.
Vue philosophie superficielle et tnatérialisté i*aTâlé rbottme au^essoUs de la brute; Le philosophé ôhré^ tien i'Ulète tkyé^ éloqueiiôe la grandeur de la natnte htiBiidlie qui à conserré, malgré sd déchéance, une imatétàble parenté atee Dieu. « Oti ne saurait, dit-il, âmnparèf fi tiii ver de terre Tétre doué dé raidoh qui eM i^pdble du bieh. Lldée du bien renfermée en lui et les gétmiêÉ de la TértU qui ne stthi*âient être déti'tiits enipëchent cette injtlrïeiise compai'aisoii. La raison, (Jtli procède du Verbe divin, înâintietit une indestructible Relation entré l'être i*ationnel et Dieu '. » Qtl'on ne dise pfts que Thomme est att-dessous des âhimdtit, parce qu'il ne pourvoit pas si facilement à ses premiers beëoins. Cette infériorité est, en réalité, une supériorité, Cai* elle stimule son activité, et Dieu a voulu eietHet ses forces et ëes facultés pour l'amener à tous les progrès des artà et de la Civilisation '. Il est investi d*tttiô royauté Véritable sur tous les êtres inférieurs *.
Aprfis tout, il y aura toujours entre l'animal et lliômme toute la différence qui existe eutre l'instinct
* 'ApeTTJç èiv àvéXirjç tb sxoùatov, àvsiXeç OLuvifiq tîîv oûaidtv. tiofdrU Céls., iV, 3.)
« Oôx èa Tb XoYtxbv Çd)ov luivTjj àXXérptov vojJLtaÔYjvat ôeoîi. W., IV, 25.)
» Jd., Y, 76. * îd,, V> 78.