‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 176 sur 277 · DE LA CONVERSION · texte numérisé non relu

DE LA CONVERSION

indigne de Dieu; le Verbe résidait déjà dans le monde avant d'y avoir revêtu un corps, puisque, d'après saint Paul, nous vivons en lui. Ceux qui s'imaginent que le trône du ciel est resté vide quand le Fils de Dieu est venu ici-bas soumettent la Divinité aux conditions de Tespace et du temps et oublient sa toute-présence * .

Si Ton demande pourquoi Tincarnation a été si tardive, Origène répond en invoquant les nécessités morales de la préparation et en rappelant combien d'obstacles rhnmanité rebelle a opposés à Dieu; ce sont les péchés de la race d'Adam qui ont amené sa dispersion et la réjection momentanée de tant de peuples ^. N'oublions pas que le Verbe a eu, dans les prophètes, de saints représentants qui lui frayaient la voie longtemps avant qu'il parût dans le monde ^.

L'incrédulité railleuse ne s'attaquait pas moins aux effets de la rédemption qu'à la cause divine qui les produisait ; la conversion était pour elle une chimère ; Origène lui oppose tout d'abord des faits positifs que ses contradicteurs étaient tenus d'accepter comme lui. Personne ne conteste que la philosophie n'ait produit plus d'une fois une amélioration partielle dans les mœurs de ses adeptes. Il n'est donc pas vrai que l'homme soit lié fatalement à sa condition première. La même conclusion s'impose bien plus sûrement à l'esprit s'il s'élève à la considération de l'être humain en soi, s'il se souvient que le mal p'est point essentiel à notre nature telle que Dieu l'a créée. Lors même

« CorUra Cels., IV, 17. « Id., IV, 4. » Id., IV, 8.

Page 1