PREUVES POSITIVES DU CHRISTIANISME
que nous nous sommes laissé pervertir par de funestes influences, il est toujours facile au Verbe de nous ramener à notrq condition première. La diflioulté de la conversion tient ^ Fobstination d^une volonté rebelle ^ C'est ainsi qu'Origène en appelle constamment à ridée morale pour établir la vérité du christianisme contre une spéculatioii panthéiste et fataliste. Tant qu'il demeure sur ce terrain et qu'il revendique les grands principes du théisme, il est incomparable ; les imperfections de son système reparaissent dès qu'il cherche à réfuter les minutieuses objection^ tir rées des textes sacrés. Il se sert alors imprudemment de sa méthode allégorique, et se dérobe trop souvent tout ensemble à la di£Bculté et à la réponse. On ne peut contester non plus qu'il n'abuse 4© l'anthrppor morphisme et qu'il n'écarte, par ce moyen, plus d^un élément important de la révélation.
Le christianisme a été vengé des attaques des Jui& et de celles de la philosophie paifenne. Il est dém^nti?é qu'il répond £^ussi bien aux grandes lois du mond^ moral qu'aux besoins immortels de la conscience. Orir gène pourrait penser que sa tâche est achevée et se contenter, à Texemple de Clémept d'Alexandrie, de présenter la personne adorable du Christ au cœur et à la volonté de l'homme, en le pressant de se décider, bien assuré que si l'homme écoute Tinstinct du divin qui est en lui il tombera vaincu et convaincu aux pieds du Verbe. Mais l'apologiste fait un pas de plus;
* Contra Cels.y TIÏ, «9*
après la réfutation des objections, il donne les preuves positives de la religion , sans s'écarter un instant de sa royale méthode^ sans jamais renoncer à la grande prei;¥e morale.
Nous savons d'avance qn'ûrigène n'accordera pas une yaleur exagérée à la preuve externe, fiien ne ser rait pins opposé à son point de vue que de fonder la croyance principalement sur le miracle : ce serait supprimes le droit d'examen et la libre assimilation de la vérité; ce serait déclarer que la persuasion proprement ditft est impossible, qu'il i^'y a aucune affinité antre rhomme et la vérité, et qu'il faut écraser notre esprif 8008 on conp d'autorité au lieu de l'élever ds^ns la région du divin ; ce serait enfin donner up démenti |[agiant aqx principes essentiels de la théologie et de l'apologie du grand Alexandrin. Qu'on ne prétende pas qoe, du moment où il ne fait pas du miracle la preuve dici^va du cbristianisme, il Ta réduit k néant; au con baire, U lui donne une valeur bien plus (laute puisqu'au lieu d'en faire uq argument il en fait l'objet loéme de la preuve ; le miracle n'est plus un simple titre juridique sur la production duquel nous croyons : il est Ja substance même du cbristianisme, qui n'est pas autre chose que l'intervention surnaturelle de Famous 4ivin pour nous sauver, c'est-à-dire un grand I miracle dqnt les miracles particuliers sont la manifestation partielle et incomplète. Ceux-ci n'ont de valeur qu'en tant qu'ils laissent briller, au travers de leur enveloppe merveilleuse , une flamme de ^aI^ou^ divin et un pur rayon de la perfection morale du