‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 189 sur 277 · RÉFUTATION DES CALOMNIES PAÏENNES · texte numérisé non relu

RÉFUTATION DES CALOMNIES PAÏENNES

objections courantes des hommes cultivés de son temps. Il ne se place point en présence de l'opposition raisonnée et systématique de la philosophie, mais il a saisi au vol en quelque sorte les attaques de la société lettrée, toujours mobile et passionnée, mais très persévérante dans son inimitié pour la religion nouvelle. Minutius Félix mérite néanmoins de prendre place à la suite des Clément d'Alexandrie et des Origène, parce qu'il a cherché comme eux un point d'appui dans la culture antique largement interprétée. Les accusations grossières contre la personne des chrétiens n'étaient point dédaignées par les païens des hautes classes; nous avons vu le salon faire écho à la rue et au carrefour pour répéter les calomnies les plus basses. Il n'est pas surprenant que Minutius Félix ait mis un soin particulier à les réfuter. Octave, dans ce beau dialogue, est l'avocat du christianisme et le représentant de Minutius. Il signale d'abord tout ce que ces infâmes accusations ont de peu fondé; répandues dans l'air par une renommée menteuse, elles sont accueillies avant d'avoir été examinées. Octave lui-même a partagé ces aveugles préventions, et il sait combien elles tombent facilement devant une enquête impartiale. Il sied bien d'ailleurs aux défenseurs du paganisme de jeter sur l'Eglise la boue dont ils sont couverts; il n'est pas une seule de leurs accusations qui ne devienne un reproche mérité en s' appliquant à leur religion. Où découvre-t-on les plus honteuses superstitions si ce n'est dans leurs sanctuaires? Ne voit-on pas en Egypte des dieux monstrueux et même de

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