TERTULLIEN VA DU CHRIST A LA BIBLE
il n'y a plus ni Grecs ni barbares. Voilà bien cette république du genre humain entrevue par Gicéron, mais que la loi morale, remise en lumière par le christianisme, parvient seule à constituer. Gomment Tcrtullien n'appliquerait-il pas à la conscience ce que saint Paul appliquait à Jésus-Ghrist, puisque pour lui la couscience c'est l'Evangile virtuel , tandis que TËvangile est la conscience pleinement réalisée, épurée et satisfaite tout ensemble. L'apologiste a eu le grand mérite de trouver un point de départ acceptable pour ses adversaires comme pour lui-même. Aussi sa construction ne repose pas sur le vide comme s'il en eût appelé à un principe qu'il eût été seul à reconnaître.
Gonséquent avec ses principes, il n'invoque l'autorité des Ecritures qu'en seconde ligne. A vrai dire il invoque plutôt leur témoignage que leur autorité, aussi longtemps qu'il s'adresse à des païens, c'est-à-dire à des hommes qui n'ont pas accordé d'avance leur confiance au livre divin. Avec de tels opposants on ne tranche pas la discussion par des textes, pas plus que nous ne viderions un procès dans un pays étranger en invoquant le code de notre patrie. Avant de se servir de la preuve scripturaire dans l'apologétique, il faut donc commencer par en justifier l'emploi, en établissant la crédibilité des Ecritures. TertuUien ne manque pas à cette tâche. Après avoir rappelé dans son Apologie que l'âme sait bien que le ciel d'où elle est descendue est le séjour de Dieu, il introduit la preuve scripturaire par ces mots significatifs qui marquent la place subordonnée qu'il lui attribue dans la défense du christianisme : « Dieu,