PREUVE DE L'INSPIRATION DES ÉCRITURES
pour nous rendre capables de pénétrer plus entièrement et plus vivement ses pensées et ses volontés, a ajouté au témoignage de Tâme celui des lettres saintes ^ fin effeti il a envoyé au monde dès la plus haute antiquité des hommes dignes par leur justice et leur innocence de le connaître et de le révéler et après les avoir inondés de son esprit divin ^, il leur a donné la mission d*annoncer qu'un Dieu unique a créé Tunivers et que, Prométhée véritable, il a formé l'homme du limon, qu'il a réglé l'année par les révolutions périodiques des saisons, qu'il a manifesté la majesté de sa justice par les tempêtes et les foudres, qu'il a tracé les préceptes par lesquels on peut lui plaire, préceptes que vous ignorez ou foulez aux pieds, mais dont l'observance sera récompensée. A la fin des temps, annoncent ces prophètes, le juste juge introduira les siens dans la vie éternelle et jettera les profanes dans des flammes également éternelles. Tous seront rappelés à la vie, ranimés et jugés selon leurs œuvres. Nous aussi nous avons ri de ces dogmes, car nous sommes sortis de vos rangs; on ne nait pas chrétien, on le devient^. Ces prédicateurs nous les appelons des prophètes, parce qu'ils annoncent l'avenir. Leurs paroles comme les miracles qui leur conféraient le sceau de Dieu se retrouvent dans le trésor de nos saintes lettres. » Ainsi TertuUien se borne à poser le fait de l'inspiration ; mais il sent bien que pour être affirmé il n'est pas prouvé
* « Instrumenlnm adjecit litteraturae. » {Apol., XVIII.) ^ « Spiritu divino inundatos.» (/d.)
* «De yestris fuimus ; fiunt, non nascuntur christiani. » (Id*)