‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 230 sur 277 · LEUR M.UESTË. ii'ô · texte numérisé non relu

LEUR M.UESTË. ii'ô

fondé à s'appoyer sur le &it d'une traduction grecque de la Bible achevée trois siècles avant Jésus-Christ; car ponr avoir acquis une telle notoriété , le recueil sacré devait être clos depuis longtemps. « On voit encore aujoard'hui ces livres, ditil, au Sérapéum, dans la ])ibIiothèqne de Ptolémée, et Toriginal hébreu est déposé auprès d'eux * . » Tertullien affirme plus qu'il ne prouve la hante antiquité des livres de Moïse, qui, selon lui, ont précédé toutes les fables de la mythologie; il drosse one liste très longue des auteurs païens dont il pourrait invoquer le témoignage , mais il se borne malheureusement à une nomenclature stérile; les noms de Bérose, de Manétho, de Ptoléméc, de 3Icndcs et de Ménander d'Ephèse ne suppléent pas à Fabsence de citations.

Affirmer que Ton pourrait prouver un fait n'est pas la môme chose que de le prouver en réalité. Une discassion étendue et minutieuse serait nécessaire pour démontrer l'authenticité des Ecritures, mais il est, pour Tertullien, une voie plus courte de persuader les hommes de leur divinité, c'est d'en appeler à leur iucomparable grandeur. « J'insisterais beaucoup plus , dit-il, sur la date ancienne des lettres divines si l'autorité qui résulte de leur vérité intrinsèque n'était pas bien plus grande que celle qui est tirée des annales du passé ^. Nous vous offrons quelque chose de mieux,

* Apol., XVIII.

: J ' « Mollis adhuc de vctiistatc modis consisterem divinarum littcra- ^Mtt, si non major auctoritas illis ad fidem de veritalis sua3 viribus, qoam de aetatis annalibus suppetissct. » {Id,, XIX.)

4i6 3. L'ACCOMPLISSEMENT DES PROPHÉTIES.

ajoute-t-il, que Tantiquité de nos livres saints : c'est leur majesté; vous doutez qu'elles soient antiques, nous montrons qu'elles sont divines*. » Invoquer la vérité intrinsèque, la majesté des Ecritures, qu'est-ce autre chose qu'en appeler de nouveau à l'impression produite par elles sur l'dme, c'est-à-dire à la conscience; c'est donc même à l'occasion de la preuve scripturaire en revenir à cette grande et féconde argumentation morale qui coupe court à toute objection, qui ne réclame ni appareil scientifique, ni longues recherches, mais qui ne demande que ce que tous peuvent donner s'il le veulent : un cœur ému, une conscience droite. Pour établir l'authenticité d'un livre de la Bible, il faut une série de démonstrations utiles et nécessaires à leur place, mais qui peuvent très bien nous laisser le temps de mourir entre les prémisses et les conclusions; pour se convaincre de sa divinité, il suflSt d'une heure de recueillement et, comme Ta si bien dit Adolphe Monod, « le meilleur moyen de montrer qu'elle estl'cpée du Saint-Esprit, c'est d'en percer le cœur de l'homme. »

Tertullien ne s'arrête pas longtemps à démontrer la majesté des Ecritures, ou plutôt il en cherche la preuve dans la réalisation des prophéties, sans se douter qu'il passe ainsi de la preuve interne à la preuve externe, et qu'il confond deux genres de démonstration. Reconnaissons, du reste, que ce qui importait

A « Plus jam offerimus pro ista dilatione^ majestatcm scripturaruni, si 'non vetustatem; di\inas probamus, si dubitatur antiquas. » [Apol.j XX.)

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