‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 229 sur 277 · L'ANTIQUITÉ' DES ÉCRITURES · texte numérisé non relu

L'ANTIQUITÉ' DES ÉCRITURES

Cl que la sainte Ecriture ne peut être prise d'emblée par les païens pour un livre divin, dont un seul mot ferme la bouche à tout opposant. Aussi s'eflForcet-ii d'en démontrer la crédibilité par des arguments accessibles à tout le monde, comme il le ferait d'un livre ordinaire. Il invoque trois preuves principales ; il tire la première de Fantiquité du saint livre, la seconde de sa majesté et la troisième de F accomplissement des prophéties. £n établissant son ancienneté, il établit par là même qu'il est le document historique le plus digne de foi sur ce passé lointain, dans lequel Thumanité plonge en quelque sorte ses racines et qui renferme le mystère de sa destinée. En outre s'il est vrai que les livres sacrés sur lesquels s'appuient les chrétiens aient précédé tous les autres écrits, c'est à eux que revient l'honneur des vérités propagées dans le monde; ils sont la source cachée, mais inépuisable, d'où ces vérités se sont répandues sur la terre par mille canaux divers. Il n'est donc pas nécessaire d'être chrétien pour trouver un motif sérieux de confiance dans la haute antiquité des saintes Ecritures. «Chez vous aussi, dit il, l'antiquité va de pair avec la religion * . » Les preuves données par TertuUien sur ce point ne sont pas très fortes, mais la méthode qu'il suit n'en est pas moins excellente. S'il a le tort de faire allusion au prétendu miracle de la version des Septante sortant identique des soixante et dix cellules où les traducteurs de la Bible auraient été enfermés par Ptolémée Philadelphe, il n'en est pas moins

* « Apud vos quoque religionis est instar, fidem de temporibus asserere. » {Apol.,X\X.)

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