‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 232 sur 277 · LA RÉJECTION DES JUIFS · texte numérisé non relu

LA RÉJECTION DES JUIFS

Cette invocation de l'autorité des prophètes hébreux par une secte qui avait rompu avec le judaïsme et qui était née d'hier, soulevait de graves objections dans Tesprit de ses adversaires. Ceux-ci ne pouvaient concilier son opposition à la synagogue avec son respect pour les livres sacrés que Ton y lisait tous les sabbats, et ils accusaient les chrétiens d'abriter leurs nouveautés à F ombre d'un culte vénérable profané par eux. De quel droit, disait-on, accepter les saintes écritures des Juifs et rejeter leurs coutumes, s'appuyer sur leurs prophètes et fouler aux pieds leurs lois et leurs cérémonies? Tertullien ne se contente pas d'écarter cette objection, il la tourne en preuve. La nation juive a conservé ses privilèges aussi longteçaps qu'elle a été digne de cette haute faveur par son obéissance et sa fidélité à son roi invisible, mais il suflBt d'ouvrir ses propres livres pour voir que la réjection qui devait châtier sa rébellion était clairement annoncée. L'étendue de leur malheur révèle la grandeur de leur crime : « Dispersés, vagabonds, exilés du ciel et de leur pays, ils s'en vont au travers du monde sans avoir ni Dieu ni homme pour roi, et ils n'ont pas même le droit de fouler un instant comme des étrangers le sol de leur patrie * . » Les prophètes avaient annoncé non moins clairement, que Dieu se formerait un peuple nouveau recruté parmi toutes les nations pour l'adorer et le servir. C'est pour constituer cet Israël spirituel qu'il a envoyé son Fils sur la terre.

1 « Dispersi, palabundi et cœli et soli sui extorres vagantur per orbcni.» ApoL, XXI.)

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