‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 233 sur 277 · JÉSUS-CHRIST PROPOSÉ A L'AME · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST PROPOSÉ A L'AME

Tertullien aborde ici le point capital de T apologétique, car tout dans la défense du christianisme comme dans le christianisme lui-même reyient à établir la divinité du fondateur de l'Eglise. En un tel sujet, il importe surtout de placer la vérité en pleine lumière ; dégager la sainte figure du Christ de tout ce qui l'obscurcit dans les préjugés des hommes, le mettre en contact direct avec la conscience, voilà le premier devoir du défenseur de la foi. En présence du Verbe éternel, de la parole vivante, la confiance dans la force intrinsèque du divin est pour le moins aussi bien fondée que quand il s'agit de la parole écrite. Aussi Tertullien s' attacher a-t- il surtout à relever la majesté du Verbe et à la faire reconnaître et adorer jusque dans ses derniers abaissements. On rencontre bien çà et là, dans son Apologie , quelques preuves historiques , mais malheureusement elles sont très faibles ; elles reposent sur des faits légendaires comme la prétendue lettre de Pilate à Tibère ' , ou bien sur des faits incertains, comme la consignation dans les annales de l'empire de l'éclipsé qui voila la clarté du soleil pendant la crucifixion^.

Tertullien est plus heureux lorsqu'il établit, par les saintes Ecritures, que les humiliations du Christ, scandale pour les Juifs et folie pour les Grecs, rentraient dans le plan de Dieu ; qu'elles avaient été prédites par le Sauveur lui-même, et, qu'en conséquence, elles faisaient partie de son sacrifice volontaire'. L'incarna-

* Apol., XXL « Id.

' « Praedlxerat et ipse ita facturos. Parum hoc^ si non et propheUB rétro. » (/rf.)

Page 1