‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 235 sur 277 · SA PUISSANCE · texte numérisé non relu

SA PUISSANCE

llttenfce dil péché, à Torgueil et à la rébellion du cœur. TertùUiën parle arec grandeur de la mission du Saayeur, sans relever suffisamment son œuvre rédemptrice. Il arrête nos regards plutôt sur le Dieu puissant qui parle en maître à la nature, que sur le bon pasteur qui cherche les brebis perdues, ou sur là victime sainte dont le sang paye la rançon d'un monde. Il nous montre le Rédempteur, s'erifermant comme un rayon de la gloire divine dans une chair mortelle, et marquant chacun de ses pas par un miracle. « Ce Verbe de Dieu chassait les démons, illuminait les aveugles, guérissait les lépreux, rendait la force au paralytique, rappelait d'un seul niot les morts à la vie ; maître souverain des éléments, il apaisait les tempêtes et marchait sur les

flots ^ Sur la croix, il a exhalé de lui-même son

. souffle avec sa dernière parole, avant que le bourreau Feût touché ^. Au même moment le soleil s'arrêta au milieu de sa course, et le jour s'éteignit. Quand les Juife l'eurent détaché de la croix, ils mirent autour de son sépulcre une nombreuse garde militaire, dans la crainte que ses disciples ne l'enlevassent en secret, et ne persuadassent à des hommes prévenus que, comme il l'avait prédit , il était ressuscité le troisième jour. Mais voici que ce troisième jour se lève, la terre s'ébranle soudain, la pierre du sépulcre est roulée, la garde épouvantée se disperse, aucun disciple n'est encore apparu , et cependant on ne trouve plus qu'un

« ApoL, xxr.

« « Et tamen sufiQxus, spiritum cum verbo sponte dimisit, prievento carnificis ofiScio. » (Id,)

i52 EFFETS DE SA DOCTRINE.

linceul *. » Les Juifs osent bien encore parler d'un larcin, parce qu'il ne s'est pas montré à eux; mais il s'est tenu dans la retraite après sa résurrection , pour ne pas assimiler la foi à la vue, et pour ne pas ôter toute valeur à la croyance en la rendant trop facile ^. Il s'est montré aux siens, et il a été élevé devant eux dans la gloire. « Ses disciples, conformément à son commandement, ont parcouru le monde entier pour publier ce qu'ils avaient vu et entendu; et après avoir subi joyeusement les persécutions des Juifs, ils sont venus à Rome sceller de leur sang leur témoignage , dans l'affreuse persécution de Néron®. » On peut en croire de tels témoins. « Nous le disons, s'écrie l'apologiste, et nous le disons hautement , la chair déchirée dans les tortures que vous nous infligez et tout couverts de sang, nous adorons Dieu par le Christ*. »

Si l'on révoque en doute sa divinité, que l'on admette du moins qu'il a bien pu remplir la mission d'un Moïse et d'un Numa pour éclairer les hommes et adoucir leurs mœurs. Il a entrepris une œuvre bien autrement diflScile; ce n'est pas un peuple rude et grossier qu'il cherche à amener à Dieu, c'est une société polie, mais enivrée et aveuglée par sa propre civilisation ^

* (( Nihil in sepulcro reperlum est^ prœterquam exuviae sepulti. » (ApoL, XXI.)

2 « Ut et fides, non mediocri praemio destinata, diflicultate constaret.» [Id., XX.)

^ « Ulique pro fiducia veritatis libenter, Romae postremo per Neronis saevitiam, sanguinem christianorum seminaverant.» {Id., XXI.)

* « Dicimus et palam dicimus, et vobis torquentibus lacerati et cruenti vociferamur: Deum colimus per Ghristum. » {Id.)

* « Ipsa urbanitate deceptos.» {Id.)

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