SA DOUBLE VENUE ANNONCÉE
tien du Fils de Dieu était attendue non-seulement par le peuple élu, mais encore par l'humanité païenne, comme le prouyent ses mythes et ses fables, qui portent jusque dans leurs mensonges un reflet de Finimorteile espérance du cœur humain * .
« Encore maintenant les Juifs espèrent la venue du Messie, et toute la différence entre eux et nous, c'est qu'ils ne croient pas qu'il soit déjà apparu. En effet, deux apparitions du Christ sont annoncées dans les prophètes : une première dans l'humilité de la nature humaine ; c'est celle qui fait l'objet de l'histoire évangélique ; une seconde à la fin des temps, entourée de tout l'éclat de la divinité. Les Juifs méconnaissent la première et n'admettent que l'apparition glorieuse du Messie, plus clairement annoncée que l'autre dans leurs livres sacrés. S'ils n'ont pas cru au Christ abaissé, et s'ils n'ont pas obtenu le salut que cette foi leur eût assuré, c'est la peine de leurs péchés. Cela aussi est écrit, et ils lisent dans leurs livres que Dieu les a privés de sagesse et d'intelligence, et les a frappés d'aveuglement et de surdité^. » Aussi n'ont-ils vu dans les miracles de Jésus- Christ que les sortilèges d'un magicien ; les chefs de la nation, furieux de sa popularité, ont contraint Pilate à le condamner. Toute cette argumentation est à double tranchant; elle frappe l'incrédulité païenne dans l'incrédulité juive, et les attribue l'une et l'autre à Tin-
^ « Sciebant et qui pênes vos ejusmodi fabulas aemulas ad destructionem veritatis istiusmodi praeministraverunt. » {ApoL, XXI.)
* « Ipsi legunt ita scriptum mulctatos se sapientia et intelligentia et oculorum et aurium fruge. » (Id,)