DÉFAITE DES DIEUX PAÏENS
convoitise. La morale humaine lave les dehors de lu coupe et du plat, et blanchit les sépulcres ; la morale de TEvangile réforme Tintérieur du cœur et de 1^ vie*. En outre, il n'est rien de plus facile que d'échapper à la loi humaine et que de ruser avec elle. Les châtiments dont elle nous menace ne sauraient avoir une grande action sur nos cœurs ; car, comme le dit Epicure, de deux choses Tune, ou ils sont modérés, et par conséquent peu effrayants, ou ils sont grands, mais en même temps passagers^. « Nous, au contraire, nous vivons sous le regard scrutateur du Dieu qui voit tout, sous la menace d'une peine éternelle; aussi marchonsnous seuls au-devant de l'innocence véritable. Les chrétiens ont une lumière divine pour les guider, la crainte la plus efficace pour les maintenir dans le chemin de la sainteté , parce qu'ils voient se dresser devant eux, non pas le tribunal d'un proconsul, mais celui d'un juge dont les arrêts sont pour l'éternité ^. » On est étonné de voir l'apologiste se contenter du mobile de la crainte et négliger le principe nouveau et fécond que l'Evangile a mis à la base de la vie morale, l'amour du Dieu sauveur. On dirait à l'entendre que l'humanité est encore au pied du Sinaï, et que le Calvaire n'a pas été arrosé du sang de la Rédemption. C'est que le fougueux Africain comprend mieux les foudres vengeresses que la divine et pure lumière de la charité.
TertuUien couronne son argumentation par une preuve de fait qui lui paraît la plus concluante de
ii4po/.,XLV. «/(/.
3 « Deum, non proconsulem timentes. » (/</.)