‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 254 sur 277 · APPEL A LA GONSGENCE DES PAÏENS · texte numérisé non relu

APPEL A LA GONSGENCE DES PAÏENS

s'en détache pas toute vivante ; le christianisme apparaît plutôt comme une divine philosophie procurant la paix et le mépris des biens inférieurs, que comme une œuvre de rédemption.

JVous avons analysé, dans Tbistoire des persécutions, la plus grande partie du traité A Démétrianus , qui était destiné à détourner des chrétiens le reproche si dangereux d'attirer sur l'empire les fléaux dont il était accablé. Nous ne reviendrons pas à cette brillante plaidoirie qui dut produire une si grande sensation à Carthage; ce n'est qu'à la fin de ce traité que Cyprien aborde l'apologie proprement dite, et qu'il adresse le plus sérieux appel à la conscience de ses contemporains, n fait rougir les persécuteurs de leurs honteuses violences; en s'acharnant sur le corps de leurs opposants, ils avouent leur incapacité de vaincre dans la haute région de la pensée. « Pourquoi, dit-il, vous attaquez-vous à la faiblesse d'une chair terrestre ? Déployez plutôt la vigueur de l'àme; essayez de briser la force de l'esprit par la discussion. Soyez les plus forts, si vous le pouvez, par la raison*. » La péroraison du traité A Démétrianus évoque devant les yeux des païens l'image terrible des jugements de Dieu qui s'approchent. Si dans l'économie présente les chrétiens sont enveloppés dans les châtiments que le monde attire sur lui par son impiété, le moment viendra où chacun recevra selon ses œuvres. Cyprien fait rouler en quelque sorte les foudres du Sinaï sur une généra-

* « Quid cum terrenae cafnis imbecillitate contendis? Gum animi vigore congredere. Vince, vince ratione. » {Âd Diemetr., IV.)

Page 1