INFAMIE DE QUELQUES-UNS DE SES ÉCRITS. B
dent, aacane des excentricités de son temps ne lui échappa : nul homme ne connut mieux son époque, si da moins c'est bien connaître son siècle que de n'en Toir que le côté ridicule ou honteux et d'en ignorer rinspiration profonde. Doué d'un esprit vif et mordant, échappant à Tinfluence des rhéteurs par le génie satirique, à la vulgarité par l'élégance et la finesse du style, Lucien sut donner une valeur artistique jusqu'aux débauches de son imagination souillée. Il s'est pin, dans son Lucius, dans ses dialogues des Courtisanes et dans son dialogue des Amours, à remuer la finge la plus abominable du paganisme. Franchement épicurien, étranger à toute notion de morale, désireux uniquement de plaire et d'amuser, il s'est complu dans ces peintures licencieuses que les générations blasées recherchent avec avidité. Ces pages infâmes rentrent dans la littérature comme certaines fresques de Pompéi rentrent dans l'art : ce sont des ornements de mauvais lieux et des enseignes de lupanars. Cette yeine impure qui traverse tous les écrits de Lucien ne suffirait malheureusement pas à leur donner un caractère d'originalité bien marquée, car elle se retrouve chez presque tous les écrivains de la décadence. Ce quiie distingue surtout, c'est ce qu'on peut appeler une universelle impiété, le mépris de toute grandeur, de toute gloire, de toute supériorité. Personne n'a pratiqué comme lui le Nil admirari. Si l'on excepte quelques pages sensées et qui ne manquent pas d'élévation sur la manière d'écrire l'histoire, dans lesquelles il combat avec une raison spirituelle l'emphase oratoire