‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 155 sur 236 · PRINCIPE DES RÉFORMES MORALES DE L*ÉGLISE · texte numérisé non relu

PRINCIPE DES RÉFORMES MORALES DE L*ÉGLISE

tion spiritualiste du culte Ta déjà réalisée par anticipation. Une fois que chaque jour et chaque heure font partie du service de Bieu, U s'ensuit que toutes les diverses formes de Tiictiyité humaine doivent être soumises au but générai et supérieur de la yic.

Au nom de ces principes le christianisme 8*est affranchi du dualisme païen qui, identifiant la matière au mal, tantôt poussait à un ascétisme absolu, pour détruire l'élément mauvais qu'il désespérait de dompter, tantôt lui lâchait les rênes comme à une force indisciplinée, fatalement rebelle au joug moral. La reUgion nouvelle acceptera, au contraire, toutes les grandes forces de l'activité humaine, telles que la famille, le service de la patrie, le travail productif, l'art; seulement elle les ramènera à soa^but général qui est le service de Dîen, la sainteté, et elle les pénétrera de iM)n principe. EUe sera par là même poussée à opérer les réformes sociales tes plus importantes, quoique pendant longtemps elle doive les renfermer dans l'enceinte delà vie privée. C'est ainsi que se formera peu à peu une puissance d'opinioii qui, quand elle aura acquis la prépondérance, finira par transformer les institutions et la société elle-même.

Nous pouvons néanmoins nou^ attendre à ce que dans celte sphère ,^ comme dans la sphère ecclésiastique et dans le culte, l'Eglise chrétienne ne se maintiendra pas à la hauteur de son idéal *,. elle ne parviendra pas à réformer complètement l'existence naturelle, et alors elle sera entraînée à chercher la perfection h la façon du brahmane, et à ressusciter en quelque sorte le dualisme. L'ascétisme sera an lond sa défaite et son

PBWaPE DBS BÉFDRMES VORALES DE L^BGU!^. 3V5

t, et, dans son développement, la mesure de Vimpnisftânee do christkfitsme à pénétrer du levain évangélique la vie bumaine. Toutefois, ce ne sera pour l«i qa'une défaite paTtteUe,6t qnand il 8*y résignera,!! ^ura en ie temps de modifier profondément la famille et la vie asociale. Avant d'en venir à placer la perfection 4aB6 le conseil évangélique qoi n*est destiné qu'à une élite et qui fait de la réalisation complète du principe moral une exception en laissant la masse à une demisainteté, il inaugurera courageusement au foyer de ses disciples la grande rénovation dont sortira la société moderne qui porte son empreinte malgré toutes ses inconséquences.

La religion nouvelle s'est bien gardée de déclarer la

guerre à Tempire romain et à ses institutions civiles,

elle savait au contraire qu'elle lui était nécessaire,

^fxt la société humaine ne pouvaiK se passer d'elle,

*qa*elle seule enfin était capable de la maintenir. Un

4e ses premiers apologistes, animé de son plus pur es^-

prit^ Ta comparée à l'àme répandue dans le corps ; quoi-

iqne invisible, elle en unit toutes les parties et le fait

▼ivre. Tel le christianisme maintient seul le monde en

KStaiirant les principes moraux qui sont les principes

vitaux de toute société humaine ' • Nous voilà bien loin

de l'illuminisme ascétique qui fuit au désert les yeux

fixés sur le ciel, d'où il attend le feu vengeur qui oon-

^Monera un monde condamné.

" Si nous Perdions à déterminer le caractère dominant des grandes réformes que la jeune Eglise a opérées

A EpUrté Diagnète, c. 6.

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