LE DROIT HUMAIN CONSACRÉ PAR L'ÉVANGILE
dans rhumble sphère de la vie privée, nous reconnai* trops qu'elles tendent toutes à restaurer la véritable idée d'humanité, à abaisser les barrières élevées entre les hommes, et à restaurer Funité humaine toujours mutilée par le paganisme. Toutes les institutions politiques ou domestiques de Tancien^monde reposent sur rinégalité. Il ne voit jamais Thomme dans rhomme, mais toujours la nationalité, le rang, la condition, le sexe, Tâge, tout autant de motifs d'établir des distinctions devant le droit civil qui cesse d'être le droit en devenant le privilège. Il ne pouvait eh être autrement taut que la religion païenne subsistait, car l'idée humaine ne se révèle que dans la lumière de la véritable idée divine. Il faut croire au Père du genre humain pour que la fraternité l'emporte sur les diversités naturelles ou artificielles.
Le judaïsme, qui reposait tout entier sur le dogme de l'unité de Dieu, avait constitué la famille sur une base bien plus large que le paganisme; mais il maintenait de la manière la plus âpre la distinction des nationalités, il y était contraint par sa loi fondamentale qui interdisait tout contact avec les nations étrangères. Israël seul était la race élue et sainte, bien qu'il dût plus tard ouvrir ses rangs à la gentilité, car l'idée de la grande réconciliation humaine planait au-dessus de son fàr rouche exclusivisme comme un idéal à atteindre ; elle brillait comme une étoile à l'horizon prophétique, mais sa clarté lointaine ne pouvait suffire à modifier les institutions du présent. Le christianisme, tout en acceptant l'idée religieuse du mosaïsme, l'élargissait singu-