‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 182 sur 236 · LARÔEUR DE LA CHARITÉ CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

LARÔEUR DE LA CHARITÉ CHRÉTIENNE

worable. Ou iroit souvent Thumble chrétien qui pos- ■ède à peine le nécessaire s^imposer un jeûne Tolontaire pour nourrir un plus pauvre que lui ^ . Etendant plus loin ses compassions efficaces, la charité chrétienne réunit des dons considérables pour racheter les captifs ; elle se réjouit de briser dans leurs liens les ehalnes mêmes de Jésus-Christ, qui a dit du prisonnier comme du pauvre que, ce qu'on lui ferait, on le tarait à lui même. « Contemplez, dit Cyprien, Jésus-Christ dans Tos frères capti& et rachetez de la captivité Celui qui nous a rachetés de la mort. Arrachez des mains des liarbares Celui qui nous a arrachés au démon et payez à prix d*argent la libération de Celui qui a donné son sang pour nous*. » Devant de tels appels nul chrétien ne demeurait insensible; l'héroïsme de la charité fut même parfois poussé si loin que des hommes libres s'offrirent eux-mêmes pour servir à la place des captifs '. Il s'agissait encore jusqu'ici de frères dans la foi. La charité ne aait pas s'enfermer dans l'enceinte sacrée ; c'est l'humaqu'elle aime, et qu'elle veut relever dans chacun de enfants. Aussi, quand de cruelles épidémies ravagèrent Garthage et Alexandrie, les chrétiens s'empressèrent-ils auprès des moribonds, sans s'inquiéter de savoir •i le plus grand nombre d'entre eux n'avaient pas figuré an premier rang des persécuteurs. Tandis que la terreur régnait dans ces villes ravagées, que les malades expi-

^ Origène, In Levitic. Eom. X, 2, t. H, p. 246. • « In capti^is fratribus nostris contempl&ndns est Ghristos. » (Gyprien, Ep. 6S, 2.) > Clém. Rom., i** ad Corinih*^ c. 55.

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raient sans les seins nécessaires, que les eadarres nm enseTelis répandaient Tinfeetion, les proseriti dlàet suffirent à tont. «Si nous ne sommes bienfaisants qa*eii- Ters les nôtres, disait Gyprien à ses frères, nons n^agissons pas mieux que les pafens et les péagers ; nous deTons^ pour agir en chrétiens, surmonter le mal par le bien, et prier pour nos persécuteurs; pnisqùe nous sommes nés de Dieu, imitons sa miséricorde^. » Lescbrétiens d'Alexandrie ne se montrèrent pas moins Aéroaés dans la peste qui éclata dans cette Tille. Beaueosp d*entre eux payèrent de leur vie le courage qaHs nirent k braTer Fépidémie près du lit de leurs pires ad- Tcrsaires'. Quand elle en est arrÎTée à cette abnégation, à cet unirersalisme sublime qui ne s*arr6te pas phn devant la haine que derant la différence de nationalité, la charité atteint vraiment son plus haut degré de perfection. Elle embrasse dans sa pitié tout ce qu'embrasse Famour infini ; elle est vraiment humaine à force d'être divine; le principe égoïste et exclusif dumoade antique est décidément vaincu. Quand Cy prien , dans une brûlante prosopopée, opposait la parcimonie de TEglise aux largesses du monde pour son Prince qui n'a point versé son sang pour les siens, ni conquis le ciel en leur faveur *, il employait une rhétorique véhémente pour pousser les chrétiens à une libéralité jrfns grande, mais il savait bien que les prétendus sacrifices du monde païen étaient faits à ses mauvaises passions et lui coû-

* Ponlii, Vita Cyprian,, 76.

« Kusèbe, H. E., VII, 22.

> Gyprien, De opère et eleemosyn,, 22.

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