‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 2 sur 236 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

commune. Le cardinal Manning formait un vœu prudent quand il s'écriait qu'il espérait que le concile nous délivrerait de Thistoirc. Je le crois bien, Thistoire est un terrible embarras pour son école, mais il n'est pas possible de faire taire ce témoin importun. Nous devons tous, chrétiens de tendances diverses, libres penseurs, l'écouter sans la faire parler. Personne n'a le droit de lui dicter ses arrêts; l'orthodoxie n'a qu'à s'incliner devant elle, et nous ne connaissons dans ce domaine d'autre hérésie que l'inexactitude.

Je n'ai pourtant pas la prétention d'avoir porté dans cette histoire du christianisme primitif cette froide impartialité qui écarte la sympathie. Je me sens, au foud^ d'accord par le sentiment avec les disciples de la religion nouvelle; et quand j'ai décrit leur vie ecclésiastique et religieuse, ce n'est pas comme un étranger, bien que j'aie évité avec soin le parti pris d'une admiration qui ne sait voir que le beau côté des choses. Cette sympathie générale est, je crois, le seul moyen de comprendre ce grand mouvement dont il faut bien reconnaître l'influence considérable sur les destinées du monde moderne. Ce n'est pas simplement par une sèche énonciation des faits ou une minutieuse analyse des idées qu'on arrive à en saisir l'esprit; il faut se transporter en quelque sorte dans l'atmosphère de ferveur au sein de laquelle se développaient

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