‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 39 sur 236 · LA DISCIPLINE AU SIÈCLE APOSTOLIQUE · texte numérisé non relu

LA DISCIPLINE AU SIÈCLE APOSTOLIQUE

guéri par Jésus-Christ fut Tobjet d*UDe de cessentences\ La grande diSërence entre la discipline de la synagogue et celle de TEglise, c^est que la première étant exercée au nom d*on ponvoir théocratiquc « avait des effets civils, tandis que la seconde n*ayait de portée que dans le domaine religieux. La société religieuse a été constituée en tribunal spirituel pour juger ses membres avant même qu'elle existât en fait. Jésus-Christ avait ordonné, par une sorte d'anticipation, que les différends entre chrétiens seraient portés devant TEglise *. Au temps de saint Paul la discipline nait des premiers scandales qui éclatent à Corinthe , et on peut dire qu'elle nait tout armée. Le délinquant est solennellement exclu de la communauté, au nom du Seigneur Jésus, par TEgliàe rassemblée à cet effet; il est rejeté dans le paganisme d*où il était sorti par le baptême et rendu ainsi au royaume de Satan ' . L'excommunié de la primitive Eglise est abandonné au jugement du Christ dont on attend tous les jours la venue prochaine. Il est cité & comparaître devant les grandes assises du juge infaillible. C'est le sens de l'anathème chrétien ainsi formulé : « Maranatha! Le Seigneur vient *. » Il est plus conforme à l'esprit de l'Evangile que la malédiction de la synagogue. La réhabilitation du pécheur pénitent dut avoir autant de publicité que son exclusion, et provoquer un acte solennel de l'Eglise '.

1 Jean IX, 84.

' « Mallh. XVIÏI, 17.

- M Cor. V, 1-7.

^ MapavaOd. (i Cor. XVI, 3S.) ' » ïCor. Il, 8,11.

KiGAlIlSàTlQMlUSCinJXAIEE PEUDÊTELOPPÉB AUn«SIÈCLE. 83

La discipline ne put que se déyelopper aTec le proba extraordinaire des missions chrétiennes. Quelque iracolense que fût la pèche des èmes dans les eaux mnltueuses du paganisme, le filet de TETangile amelit nécessairement sur le rivage plus d'un élément hérogène qui ne pouvait être conserTé. Cependant nous ayons pas de preuves positives d'une organisation iveloppée de la discipline ecclésiastique jusqu*à la fin 1 second siècle. Elle subsiste, puisque FEglise con- TTe sa pureté, et il fiiut bien qu'elle se préserve de i qui pourrait la ternir. Le Pasteur Hermas^ malgré son gorisme excessif, reconnaît la possibilité de la réintération, à la condition que rengagement du baptême *ait été rompu qu*une seule fois. Le baptême est Taete ir excellence de la pénitence. Dieu, dans sa bonté, a ^mis que la pénitence puisse être renouvelée, mais le n*est pas possible deux fois, de peur que Tespoir une réintégration réitérée ne lâche la bride aux mau« idses passions ^ Telles sont les déclarations de Tango e la pénitence à Hermas. Evidemment il s'agit ici, non as du simple repentir individuel et intérieur, mais l'un acte ecclésiastique.

La seconde pénitence est de la même nature que la première au moment du baptême ; elle a par conséquent on caractère également solennel et public. Sur ce que pouvait être cet acte public et ses conditions nous n'avon» aucun détail. Tertullien nous montre la discipline en

^ Pastor Hermasy 11. Mandata, IV, 8. L'auteur se contredit dans un pHNige des similitudes (VI^ %), dans lequel il écarte toute possibilité d6 npeotir après le baptême. Evidemment il dépaosse ici Topinion géoérÉlft* àb ion temps.

84 DÉVELOPPEMENT DE LA DCSaPLUŒ AU TEBfPS DETBttTULLDDI.

plein exercice. « U y a liea de croire, dit-il, à la conformité du libre jugement de Dieu avec celui de TEglise, quand celle-ci a prononcé Texclusion du délinquant de ses prières , de ses assemblées et de toutes les choses saintes. Cette discipline a trois formes, Texhortatiim, la censure, et la condamnation qui a pour conséqiiaiee Texclusion *. » L*exclusion devait se fonder sur ka mêmes motifs qui éloignaient du catéchuménat et que nous avons énumérés avec soin. Tout acte ou toat métier qui rendait indigne d'être nn candidat au baptême était considéré comme encore plus incompatible avec la profession chrétienne. Nous avons une preuve positive de celte identification des deux disciplines. On sait avec quel soin FEglise repoussait de son catéchuménat les professions qui avaient trait à Tidolâtrie ou au théfttre, à ce qu'elle appelait la théâtromanie. Nous voyons par une lettre de Cyprien qu'il exclut de l'Eglise un professeur de déclamation scénique ^. Il est certain que l'époque antérieure ne le cédait pas en austérité & la seconde moitié du troisième siècle. Nous en concluons que la même discipline qui défendait l'entrée de l'Eglise était appliquée à ses membres.

Tout jugement suppose un tribunal. L'Eglise n'avait pas à en chercher un autre que ses évêqnes et ses anciens. Une surveillance générale est exercée par les diacres sur les hommes, par les diaconesses sur les femmes. Les diacres commencent par exhorter les délior

1 « U)idem exhortationes^ casUgationes et eensura Afina. » (Tertiitt.t Apol.f 89.) * Cyprien^ Ep. 2, 1.

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