‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 40 sur 236 · SIMPLICITÉ DE CETTE ORGANISATION · texte numérisé non relu

SIMPLICITÉ DE CETTE ORGANISATION

qoants \ S'ils leur résisteiit ils ont le droit de les ezdore de l'élise '. Si eux-mêmes sont en faute, iU tombent soos k juridiction des anciens; ceax-ci ne sont jogés qae par réyèqae '• Gela ne irent pas dire que eelni-ci ne s'occupait qoe de ce seul cas disciplinaire. n n'est pas admissible que Févéque , en tant que sur* ▼cillant général et directeur de TEglise, se désintéres-sàt jamais d'une question aussi graye. Nous ayons yu que le diacre était tenu de lui faire connaître les malades. Comment lui eût-il laissé ignorer les scandales qui appelaient la répression ? Il est probable queVé-^ yéqne se contentait du préayis des diacres pour un simple membre de TEglise, de celui des anciens pour un diacre, tandis qu'il jugeait seul un ancien qui ayait manqué à ses deyoirs. Lui-même ne pouyait être con^ damné que par un autre éyêque ; ce qui suppose la pos^ sibilité d'un recours aux Eglises yoisines. Le pouyoir disciplinaire descend et ne remonte pas. On yoit poin* dre à cette époque Tun des plus graves abus qu'ait piodoits la période yiolente de la persécution ; le témoignage d'un confesseur joue déjà un rôle exagère dans la réhabilitation des pénitents *. Plus tard cette coutume suscitera les plus dangereux conflits, spéciale^ ment k Gartfaage.

Nulle règle précise ne se dégage de' nos documents «n ce qui concerne la réhabilitation des pénitents; ils ne sont point soumis à des peines disciplinaires qu^on

* .Cond. eoptty h i%.

«CoiM^. <VMf.,y&U,98.

* Ccnst, copte^ 11^ S8.

^ IVULLE ABSOLUTION CLÉRICALE.

leor eût imposées à titre d*expiation. Il 11*7 a pas da- Tantage trace d*une absolation cléricale qui eût sapposé un pouvoir sacerdotal. Ces graves innovations datent de Vépoque ultérieore, elles sont encore entièrement étrangères an commencement du troisième siècle. La prière prononcée en faveur des pénitents à Fissoe da culte pu* blic, avant la célébration de Feucharistie, n^est qD*une touchante invocation de la miséricorde céleste , • sans qu*elle renferme aucune allusion à une pénitence mer^ cenaire au moyen de laquelle on rachèterait sa part de ciel par des peines satisfactoires. Elle est ainsi conçue : c Tous nous prions avec ardeur pour nos frères pénitents. Que le Dieu compatissant leur trace la voie du repentir. Qu*il agrée leur retour et leur confession. Qu'il mette promptement Satan sous leurs pieds, les délivrant des pièges du diable et des assauts des démons. Qu'il les délivre de toute parole coupable, de toute action défendue et de toute pensée mauvaise. Qu'il leur pardonne leurs offenses, celles qui sont volontaires et celles qui sont involontaires. Qu'il déchire l'obligation qui était contre eux, et récrive leurs noms dans le livre de vie, les purifiant de toutes les souillures de te chair et de l'esprit. Qu'il les incorpore de nouveau dam sa sainte bergerie, car tu connais, ô Dieu, de quoi nous sommes faits. Qui de nous se vanterait de posséder un «ceur pur et se croirait à l'abri du péché? Ne sommes-noos pas tous coupables devant toi? Encore une fois nous te prions avec ardeur pour eux, sachant qu'il 7 a de la joie au ciel pour un seul pécheur qui s'amende. Donne-leur de rejeter toutes les actions mauvaises et de se vouer à

PaiËRES PODR LES PÉNITENTS. 87;

toute bonne action. Yeuille le Dieu qui aime Thomanité accueillir au plus tôt leurs prières et les remettre' dans leur dignité première. Qu'il leur rende la joie de, son salut. Qu'il les fortifie de son puissant esprit afin* qu'ils ne Tiolent plus sa loi mais qu'ils soient jugea capables de participer à nos divins mystères, et qu'étant trouTés dignes de ton adoption ils obtiennent la vie éternelle!

« Tous ensemble nous le disons pour eux : ô Dieu, aie pitié, sauve les, relève-les dans tes compassions. Levezvous maintenant devant Dieu par son Christ, courbez la tête et priez. »

Alors l'évéque remplace le diacre et prie en ces termes:

« Dieu éternel et tout-puissant, souverain de l'univers, juge universel, toi qui as montré par le Christ que le but de la création était Thomme, toi qui lui as donné et la loi intérieure et la loi écrite pour vivre en s'y con-* formant comme une créature raisonnable, toi qui as accordé au pécheur ta miséricorde comme la garantie que tu acceptes son repentir, regarde ces pénitents qui inclinent leur esprit comme leur tète. Tu ne veux pas la mort du pécheur, mais son repentir; tu veux qu'il se détourne de sa voie mauvaise et revienne à la vie. G*est toi qui as agréé le repentir de Ninive. C'est toi qui veux que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Tu es Celui qui accueille avec des entrailles paternelles le fils prodigue qui a consumé sa vie dans la débauche dès qu'il se repent. Et maintenant, reçois en grâce ces suppliants qui

89 LE PÉNITENT ESTT REMflS A LA WSERtCORDB DIVINE.

reyiennent à toi, car il n^est personne tpcA iie pèche eM« tre toi. Si tu regardes à nos péchés, Seigtienr j Beignenr, qtii donc subsistera? N'es«tn pas le Dieu computissant? Bétablis-«Ies dans leur première dignité et dans leur premier honnenV au sein de ton Eglise par le Chri&rt, Dieu notre Sauveur, par lequel soient à toi la gloire etTadoration daus TEsprit-Saint pour l'éternité M »

On le voit, les conditions du repentir sont encore toutes morales. II n'y a point de caste sacerdotale qui tienne dans ses mains les clefe de la miséri* corde divine et qui prétende absoudre directement les pécheurs. La compaâsion de Dieu est invoquée sur eox par leurs compagnons de faiblesse et de péché qui commencent par se frapper la poitrine, sans s'arroger aucune supériorité. Les pénitents sont renvoyés, non à un prêtre, mais à celui qui a accueilli la pécheresse de l'Evnngile et le péager, au Père qui serré dans ses bras le fils prodigue et qui même va au-devant de lui. La source du pardon n'a pas été scellée; elle jaillit abondante et pure au pied de la croix. L'Eglise demande sans doute un acte public pour réintégrer les pénitents dans son sein, mais elle ne prétend pas être elle-même la dispensatrice de la grâce. Elle réclame le désaveu du pêcheur; elle prétend constater l'effet de son repentir, mais elle ne se met pas entre lui et Dieu.

La repentance se manifestait d'abord par le retour du chrétien tombé, venant frapper à la porte de TEglise.' Ce n'était pas un acte sans importance que celui par

1 Congt, apotf,. Vin, S, 9.

LA G0IIPl:S8l6N*i:ST PAITE A L'ÉGLISE, NOM A0 GLeRdÉ. 89

lequel fl prenait rang j^bliquement parmi les pénitents qui se retiraient comme imiignes ayant la célébration des saints myistèreSé B y ^atait là un premier degré à franeliir qoi supposait nn ferme Touloir4e reconnaître ses fautes et de rompre avec l-e mal.

La confession résultait de cette attitude humiliée. Ensuite venait, après un- temps d^épreave et d*examen suffisant, la confessioti publique on Vesnomologesis^ que Tertullien décrit tèttt son étoquence ordinaire. « Ce jour solennel est précédé par un temps de retraite sé^- Tëre. Le pénitent doit se couvrir de vêtements de deait qui rappellent le sac et la cendre des Israélites. Il né rompra le jeûne que pour soutenir ses forces défaillantes, pleurer et gémir sous le regard de son Père céleste; on le verra se jeter aux pieds des anciens et dé tous ceux qui sont chers à Dieu, solliciter les prières de tous les frères pour les joindre aux siennes ^ » L'Eglise entière intervient dans le relèvement des pénitents. C'est devant elk qu'ils font une confession publiqne/mais c'est à Diett qu'ils Tadressent, non pas eomnlë &*il ignorait leur faute, mais pour lui dotiner satisfaction par cette rétractation publique *.

L'ISglifte dtt second siècle ne reconnaît que Dieu seul comme le souverain confesseur de ses pénitents. Ltf réintégration n*est accordée aux pécheurs qu'une seule fois. « Après que la porte de Tinnocence a été fermée

* c Presbyteris advolvi et caris Dei adgeniculari, omnibus fratribof legatîones deprecationis su» a4JQngere. » (TertuU., De pœnit,^ 9. Gomp. Cotut. apost., 11^ 16.)

* « Exomologresis qna delictam Domino nostro confitemor. » (TertoU., De pœnU,y 9).

90 UME SEULE RÉBABILITAJION APRÈS LE BAFTÈMS.

dès longtemps, que celle daiMptéme a été plus tard obstruée, une ouyerture est encore accordée à TAme pécheresse. Dans le vestibule de FEglise est placée la seconde pénitence qui s*ouYre à ceux qui frappent, mais c*est pour une fois seulement. Elle ne peut pas se répéter * . »

TeUe est la règle dans la primitive Eglise.

Les restrictions que TertuUien j a apportées dans son Traité sur la pudieité^ en déclarant Fadultëre et le meurtre absolument irrémissibles, ne sont que des excentricités dues à son farouche montanisme ^. L*Eglise s'est préservée de ce rigorisme excessif et implacable.

Il n*7 a pas trace dans cette période d'une confesdon privée, distincte de la confession publique, et qui aurait été faite à des o£Sciants de FEglise. On ne peut produire un texte à Tappui d'une telle institution, qui est absolument étrangère à l'antiquité chrétienne. Elle date de la persécution de Décius, époque à laquelle nous devons rapporter un développement tout nouveau du régime disciplinaire, et par là même de l'autorité ecclésiastique.

> (f Jam semel, sed amplias numqaam. » (Tertull.^ De pceniL, 7. Clément d'Alex., Strom., II, it, 57.) * Tertull., De pudicitia, 8, 6.

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