GRAVE ATTEINTE AU DROIT DES ÉGLISES
indépendance dans le gouYernement intérieur, tels étaient les deux traits qui la caractérisaient. Chaque chrétien, d*où qu'il Tint, se sentait chez lui dans toute Eglise ; il participait à son culte et prenait part à sa yie intérieure. Ainsi s'attestait Funité. L'indépendance était garantie par Fabsence de toute immixtion officielle d'une Eglise dans le gouyemement d'une autre Eglise; ce qui n'empêchait pas les libres communications, les conseils, les exhortations, à la condition qu'elles n'eussent rien d'o£Sciel. Avec de telles pratiques, qu'y avaitil de plus normal que la consécration d'Origène par les évéques de Jérusalem, de Gésarée et des villes environnantes ? Gomme chrétien il appartenait à ces Eglises, il y retrouvait sa patrie religieuse, son foyer spirituel. Appelé à remplir une importante mission en leur nom, il recevait l'investiture qui la lui facilitait. Il eût été dans son tort s'il eût voulu s'en réclamer à Alexandrie, parce que là il entrait dans un autre organisme ecclésiastique également indépendant, mais il était dans son droit en recevant la charge d'ancien pour pénétrer en Orient et en Grèce. Le premier synode, convoqué par Démétriuset qui se montra si mal disposé pour Origène, n'osa pas contester sa consécration; il s'ensuit qu'il admit sa légitimité. Il fallut composer un synode de manière à s'assurer la majorité pour annuler l'acte des évoques de Syrie. Il y avait donc là une innovation flagrante, sinon la décision n'eût pas coûté tant d'efforts et d'intrigues. Démétrius faisait faire ainsi un grand pas à la constitution de l'Eglise sur la base hiérarchique ; il tendait à la transformer en un vaste corps soumis tout