CARACTÈRE DE L'ÉGLISE DU 11« ET DU IIÏ« SIÈCLE
tant victorieuse en définitiTe de tout ce qui aurait pu la transformer ou empêcher ses progrès. Aujourd*bai j'aborde Thistoire de rorganisatiou de TEglise, de son gouvernement, de son culte, de sa vie religieuse, de ses manifestations diverses 9 collectives ou individuelles, dans la famille comme dans les relations multiples de la société. C'est Thistoire de la piété à son âge héroïque, c'est aussi celle des premières déviations du sentiment religieux. Nous retrouverons dans ce domaine les mêmes influences délétères que nous avons signalées dans la haute sphère de la doctrine, la même réaction de l'ancien monde qui peu à peu s'empare du terrain perdu sans jamais le reconquérir tout entier. Ces déviations, tant qu'a duré le régime de la liberté de l'Eglise, n'ont pas dépassé certaines limites; chacune d'elles a été Toccasion d'une lutte énergique ; l'esprit véritable du christianisme n'a pas cessé de faire opposition à ce qui tendait à Iç fausser ou à l'asservir. Sur Tensemble, le tableau de la chrétienté du deuxième et du troisième siècle fait un saisissant contraste avec celui de l'Eglise, quelques siècles plus tard * .
1 Nos sources principales pour rorganisation des Eglises à cette époque sont tout d'abord les écrits des Pères contemporains, puis les Constitutions apostoliques. Quelques explications sont nécessaires* sur la composition^ la date et Tauthenlicité de ce dernier écrit. Nous avons d'abord un recueil en huil livres Intitulé les Constitutions apostoliques. Une étude attentive montre que ces huit livras constituent en réalité trois recueils ; le premier composé des six premiers livres^ le second du septième et le troisième du huitième^ car tous les trois traitent des mêmes sujets» Nous avons en outre un quatrième recueil^ c'est l'édition copte des Constitutions de V Eglise cTAlexandne retrouvée par un savant anglais nommé Tattam. C*est iDoontMtablemcni le document le plus ancien et \» moins interpolé. Les autres recueils existent dans un double texte copte et grec; le premier est le plus ancien. La comparaison attentive que nous en avons faite