‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 69 sur 236 · IL CHERCHE A RAMENER LES SGHISIIATIQUE8 D'AFRIQUE · texte numérisé non relu

IL CHERCHE A RAMENER LES SGHISIIATIQUE8 D'AFRIQUE

Corneille deyenait celle de Cypnen. L'évéque de Car* tbage entra dans la lice ayec toute sa vigueur. Ses pre» miers coups furent pour les récalcitrants d*AMqne. La lettre éloquente qu'il adresse à Féyéque Antonianiu» un instant égaré, formulait dans un grand langage ks règles de la discipline modérée qui prévalait dans TEglise. Les chrétiens tombés» disait Gyprien, ont été tenus dans Tattente tant que la persécution a duré, La question de leur relèvement a été décidée en Afri» que dans le synode qui a été tenu dès que la paix a été rendue à FEglise. Corneille a été reconnu légitin mement investi de Tépiscopat et toutes les calomnies contre lui ont été réfutées. Quant à la discipline qn*il patronne, c'est celle même que le second synode tenn à Carthage a sanctionnée ; elle est tout ensemble rigoureuse et prudente pour les chrétiens tombés qui ne sont pas en danger de mourir, et elle sait s'adoudr en faveur de ceux qui voient approcher leur fin; pour eux seuls elle abrège les délais de la réhabilitation. En résumé, d'après Cyprien, un examen attentif est fait de chaque cas particulier, et les règles strictes de la pénitence ne fléchissent que devant le lit de mort : « 0 dérision d'une fausse fraternité *, s'écrie-t-il devant les sévérités outrées du schisme, ô déception misérable de ceux qui pleurent et gémissent, ô vaine et stérile tradition de Thérésiel On exhorte les pécheurs à la repentance et on ôte à celle-ci toute valeur réparatrice. Ou dit à nos frères : Pleurez, répandez vos larmes à

> « 0 (Vostrandse fraternitatis irrisio! » (Cyprien, Ep., 55, 2a.)

LES GQNPESSBURS DE AOIIE ABANDONNENT NOVATIEN. 4S5

flots, gémissez jour et Hoit, tous n'en moorrez pas moin» hors de TEglise ayec tout cela ! Vous ferez tout pour obtenir la paix, mais elle ne sera pas pour tous! Ne repoos-i sons personne delà pénitence. Que ceux qui implorent 1» miséricorde du Dieu des paternelles compassions sachent que ses prêtres peuTent leur rendre la paix de TEglise ; ac« captons le gémissement des suppliants et n* anéantissons pas le fruit de la pénitence. Après tout, la philosophie de Christ n'est pas la sagesse sans entrailles des stoïciens. » C'est par ces exhortations que Cyprien essayait de ramener les hésitants. Il n'hésitait pas à frapper les opposants endurcis, en s'appuyant sur ses collègues dans répiscopat. L'hésitation n'était plus permise, car NoTatien lui-même ayait passé la mer et était Tenu planter le drapeau du schisme sur la terre d'Afrique. Sa cause avait été promptement perdue à Borne, malgré l'ardeur qu'il avait mise à cimenter l'union de ses adhérents, n les contraignait en leur donnant le pain et le vin de l'eucharistie de jurer deyant Dieu que jamais ils ne rabandpnneraient ^ Ces efforts furent Tains. Les confesseurs qui l'avaient un moment soutenu, pressés par une lettre éloquente de l'évêque de Garr thage, étaient revenus à Corneille. Une scène pathé-i tique avait fi^Ué cette réconciliation. On les avait vus se présenter devant leur évéque assisté de cinq autres évoques, et déclarer devant tout le peuple chrétien qa'ils s'étaient laissé abuser par ignorance, mais qu'ils désiraient désormais maintenir religieusement la paix

^ Eosèbe^ H. E., VI, 48.

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